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Partie 6

Fabriques d'instruments aux USA

Holton (G. Leblanc Corporation)

Fabriques d'instruments aux USA

La marque Holton appartient aujourd’hui à la G. Leblanc Corporation et les ateliers sont situés dans une magnifique vieille fabrique à Elkhorn, Wisconsin. C’est dans cette région charmante située à 120 km au nord de Chicago que le fondateur de cette marque, Frank Holton, aimait à passer ses vacances. Il y a déjà plus de 65 ans maintenant que Frank Holton prit la décision de déménager son entreprise de Chicago à Elkhorn.

Lors de la création de son entreprise (1889), Frank Holton était un tromboniste très célèbre. Au début, il orientait sa production sur des accessoires tels que des lubrifiants pour coulisse, etc. Un peu plus tard, il développa l’entreprise en y introduisant un atelier de mécanique d’abord destiné à la réparation. Il s’enhardit bientôt à la facture instrumentale, se limitant toutefois au début à «son» instrument: le trombone. Par la suite, toute la production s’élargit.

Aujourd’hui, l’accent principal est mis sur la production des cors. A part cela, évidemment, on continue à construire des trombones de haut niveau ainsi que des altos, des sousaphones et des barytons. En complément et sous la dénomination de «cor de marche», on produit un modèle spécial et patenté avec des pistons Périnet qui se joue dans la position d’une trompette, ce à quoi il faut tout de même s’habituer.

Machine à étirer

Machine à étirer

Moulage d’un pavillon de cor

Moulage d’un pavillon de cor

Soudage de la couture d’un pavillon de cor

Soudage de la couture d’un pavillon de cor

En règle générale, la production est subdivisée en travaux que l’on peut rapidement confier aux ouvriers. On apprécie toutefois la grande fidélité du personnel et ce n’est pas sans fierté que l’on me présenta Madame Dorothy Rohda qui travaille chez Holton depuis 57 ans!

Chez Holton, je n’ai pas trouvé de procédés de fabrication spéciaux qui se différencieraient fondamentalement de ceux de la concurrence. Les pavillons sont essentiellement construits en deux parties, et les tubes courbés de façon conventionnelle avec de la poix. Mais ce qui m’a particulièrement fasciné, ce sont l’habileté et la rapidité dont font preuve les ouvriers lors de la préparation des pavillons de cor: fixation du pavillon droit sur la forme du tour et maîtrise du procédé d’élargissement. Les coulisses de trombone sont lissées mécaniquement par groupe de trois. L’élimination des arêtes des éléments estampés se fait au moyen du bain vibrateur ainsi qu’il en est d’usage dans la branche. Le département de galvanisation, où l’on chrome, où l’on nickelle, argente ou aurifie est fort bien développé. Ce point essentiel de la conception sur les effets d’un traitement protecteur sur la surface du métal m’intéressait tout particulièrement. Monsieur Larry Ramirez qui fut mon guide à travers l’entreprise me confia:

La qualité du son est indiscutablement meilleure chez les instruments non traités; le revers de la médaille est la non-protection du métal. Chaque galvanisation transforme l’épaisseur du matériel, même si c’est minime; simplement il y a très peu de gens assez sensibles de l’oreille pour percevoir la différence.

Courber le tube du pavillon d’un cor

Courber le tube du pavillon d’un cor

Elimination des résidus de poix

Elimination des résidus de poix

Chez Holton, on accorde la plus grande importance au degré de recuisson du métal.

Tout dépend de la sonorité souhaitée, et à partir de là, il s’agit de déterminer combien de temps et à quelle température un pavillon doit être chauffé. Un pavillon de trompette dont on attend une sonorité brillante sera évidemment chauffé dur; il en sera tout différemment pour le pavillon d’un trombone basse où l’on recherchera une sonorité douce et sombre. Mais il ne faut évidemment pas dépasser certaines limites sinon le matériel perdra sa force de projection et le son tombera juste devant soi!

En comparaison aux modèles de pointe, les instruments d’étude sont considérablement simplifiés dans leur fabrication. Par exemple, les pistons des trompettes n’ont qu’un seul guide, les couvercles de pistons supérieurs et inférieurs sont identiques, le bord du pavillon n’est pas recourbé autour d’un fil de fer, et la forme du mandrin d’acier sur laquelle les tubes sont tirés se limite au minimum (moins de points sur l’axe X).

Soudage final d’un cor

Soudage final d’un cor

En ce qui concerne les embouchures, Holton présente six modèles différents pour le cor; pour les autres instruments, la plupart du temps, qu’un seul modèle.

Les réalisations particulières ne sont acceptées que dans des cas exceptionnels, lorsque un musicien particulièrement célèbre en fait la demande. Dans ces cas, comme par exemple pour Philipp Farkas, un modèle personnel sera développé. Une telle initiative peut faire qu’un prototype détermine toute une série.

Chez Holton, on est confiant en l’avenir. «Avant tout», me confie Larry Ramirez «nous allons intensifier nos expérimentations sur les trombones. Il y a encore beaucoup de secteurs à améliorer, mais nous constatons régulièrement que bien des musiciens, et tout particulièrement les musiciens de cuivre, sont extrêmement conservateurs! Les nouvelles idées ne s’imposent qu’avec peine. Mais nous ne désarmeront pas!»

G. Leblanc Corporation

President: Vito Pascucci
Executive Vice President: Leon Pascucci
Vice President Marketing: Bill Price

Interviews with: Stan Surber, VP International Sales (Leblanc)
Larry Ramirez, Design Engineer (Holton)
Angelo Battelini, General Manager (Martin)

Employees, Holton, Martin and Vito Woodwind: 350

Repairs: only on own instruments

The G. Leblanc corporation distributes the following brands: Leblanc (Paris), Holton, Martin, Yanagisawa, Noblet/Normandy, Courtois, Vito, Vandoren, and woodwind brands.

Contact address (for Holton and Martin):
Stan Surber, VP International Sales, G. Leblanc Corporation, 7019 Thirtieth Avenue, Kenosha, Wisconsin 53141, USA.

Brass Bulletin 53, I / 1986 pages 109–112

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