Proposez Brass Bulletin dans votre université, conservatoire ou bibliothèque Découvrez l’accès institutionnel

16 min. de lecture

Essor de la littérature pour orchestres à vent amateurs en Europe centrale depuis 1950

Après 1950, les orchestres à vent amateurs d’Europe centrale deviennent un terrain où traditions, création moderne, musique populaire et pédagogie se confrontent.
Essor de la littérature pour orchestres à vent amateurs en Europe centrale depuis 1950

Près de 10’000 orchestres à vent — ce qui représente environ un demi-million de musiciens — animent la vie des villages et des petites villes du sud de l’Allemagne, d’Autriche, de Suisse et du Tyrol-sud. Les statistiques du «Deutscher Musikrat» (conseil allemand pour la musique) le prouvent: aucune autre institution de la vie musicale publique n’attire autant de jeunes. Et pourtant, ce que l’on peut considérer comme la base de la pyramide de la culture musicale est souvent sous-estimée. Les livres d’histoire de la musique n’en parlent pas, et les dictionnaires ou encyclopédies ne consacrent guère plus d’une ligne à l’essor de cette musique, ou phénomène social, politique et culturel qu’elle représente, ou encore aux compositeurs et interprètes de ce genre de musique. La quantité est, semble-t-il, un handicap pour recevoir un label de qualité! Si l’on peut admettre qu’un adepte de «l’Art pour l’Art» manque de compréhension à l’égard de cette musique, les pédagogues et autres politiciens de la culture, eux, se doivent d’admettre que les membres de tels ensembles suivent une formation qui est loin d’être négligeable pour l’ensemble de la culture musicale. C’est pourquoi les questions qui se posent sont d’intérêt général: pourquoi les jeunes gens se sentent-ils bien au sein de ces orchestres et en quoi ces orchestres représentent-ils un phénomène social?² Quelle littérature propose-t-on à ces ensembles? Quelle couche sociale est représentée parmi les exécutants et parmi les auditeurs? J’aimerais, dans cet article, essayer de répondre à la deuxième question.

On appelait autrefois la Bohême le «Conservatoire de l’Europe». C’est en effet là-bas, dans des écoles de musique privée...

On appelait autrefois la Bohême le «Conservatoire de l’Europe». C’est en effet là-bas, dans des écoles de musique privées, qu’étaient formés les «élèves» pour les fanfares militaires des régions germanophones. Cette photo montre la fanfare de l’internat de J. Volesensky à Neu-Byzoo, devenu plus tard Königgrätz, où les élèves payaient K 58.- par mois, ce qui était très cher. Les musiciens portant des casquettes claires, désignés pour aller jouer dans l’une ou l’autre fanfare, vont quitter l’internat. 1910.

La musique originale pour orchestres à vent amateurs — se distinguant de la musique de divertissement en plein air où ne se jouaient pratiquement que des marches ou des arrangements de grandes œuvres classiques et romantiques³ — date du «Jugendbewegung» (mouvement de la jeunesse) des années vingt, lorsque Paul Hindemith se rendit compte que les pédagogues et compositeurs conscients de leurs responsabilités ne pouvaient se permettre d’ignorer cet énorme potentiel de musiciens amateurs qu’il appelait des «novices». En 1926, à l’occasion des «Donaueschinger Musiktage», Hindemith, Ernst Krenek, Ernst Pepping et Ernst Toch composèrent des œuvres destinées à ces musiciens⁴, suivant en cela Hermann Grabner qui, en 1923, avait composé «Perkeo Suite». D’autres compositeurs (Boris Blacher, Paul Höffer, Hans Felix Husadel) suivirent l’exemple à leur tour, écrivant «Bugrmusik» et «Firlefei-Variationen» (1937), «Concerto Grosso» (1940).

Au XIXᵉ siècle, les retraités des fanfares militaires ont commencé à fonder des fanfares civiles aussi bien en ville qu’...

Au XIXᵉ siècle, les retraités des fanfares militaires ont commencé à fonder des fanfares civiles aussi bien en ville qu’à la campagne. C’est de cette époque que date la coutume de l’uniforme pour les fanfares amateurs. Cette photo montre la fanfare de Nordrach/Kinzigtal, R.F.A. en 1963.

Avec la seconde guerre mondiale, ce mouvement se déplaça aux Etats-unis où des orchestres universitaires étaient, eux aussi, à la recherche d’une littérature spécifique. Paul Hindemith composa alors une «Symphonie en Sib», Arnold Schönberg «Thème et Variations» op. 43 A⁵, Krzysztof Penderecki «Ouverture Pittsburgh». Puis, dans les années 50, Guido Waldmann et quelques autres musiciens de l’Académie de musique de Trossingen, centre de la musique à vent du sud de l’Allemagne, reprirent les idées de Hindemith et Grabner pour les adapter à la société nouvelle. Les ensembles à vent furent régénérés, non seulement par l’arrivée massive des jeunes gens, mais aussi par une musique adaptée à son époque. La difficulté fut de trouver un équilibre entre la musique d’avant-garde et les possibilités des amateurs, de créer une «nouvelle simplicité» qui soit adaptée à la situation et aux personnes, sans pour autant être banale.

Lire la suite

Accédez à l’intégralité de l’édition numérique.

Brass Bulletin 49, I / 1985 pages 13–30

Tout le contenu est protégé par le droit d’auteur © Brass Bulletin 1985–2026

Partager cet article

Facebook LinkedIn
Chargement…

Questions et réponses

Comment fonctionne l’édition numérique

Que contient l’édition numérique ?

L’édition numérique rassemble les articles déjà numérisés sous forme de textes consultables et interrogeables en ligne — et non simplement de scans ou de fichiers PDF — avec leurs illustrations originales, leurs notes, leurs auteurs, les informations sur leur numéro et les traductions disponibles. Les suggestions d’articles connexes comprennent actuellement uniquement ces contenus numérisés.

Les articles numériques sont-ils identiques aux originaux ?

Nous préservons aussi fidèlement que possible le texte original, la langue, les illustrations, les légendes, les notes et le contexte éditorial. La présentation est adaptée à une lecture confortable en ligne, et les erreurs manifestes de transcription ou de numérisation peuvent être corrigées. Le contenu et le caractère de l’article publié restent inchangés.

Quelles langues sont disponibles ?

Brass Bulletin a été publié en anglais, en français et en allemand tout au long de son histoire. Les traductions italiennes et espagnoles ont été ajoutées à partir du numéro 60.

Sur les sites italien et espagnol, les articles des numéros 1 à 59 sont donc affichés en anglais par défaut.

À quelle fréquence de nouveaux articles sont-ils ajoutés ?

De nouveaux articles sont ajoutés presque chaque jour, à raison d’environ un numéro complet numérisé par semaine. Le rythme peut varier en fonction du travail de préparation, de traitement des images et de vérification éditoriale nécessaire.

Pourquoi tous les articles ne sont-ils pas disponibles en ligne ?

La collection complète de Brass Bulletin comprend 1’246 articles publiés entre 1971 et 2003. L’index complet est déjà disponible en ligne et permet de découvrir tous les articles de la collection, y compris ceux dont le texte intégral n’a pas encore été numérisé.

La numérisation a commencé en février 2026. Chaque article est soigneusement préparé pour la lecture en ligne, vérifié et relié à son numéro, à ses auteurs, à ses sujets et à ses illustrations. Au rythme actuel de numérisation, l’intégralité de la collection devrait être disponible en ligne d’ici février 2028.

Pourquoi certaines références mentionnent-elles des articles qui ne sont pas encore disponibles ?

Les références figurant dans les articles originaux sont conservées, même lorsque les contenus auxquels elles renvoient n’ont pas encore été numérisés. Cela permet de préserver l’intégrité historique et éditoriale de la revue. À mesure que de nouveaux numéros sont ajoutés à l’édition numérique, un nombre croissant de ces références mènera à des articles consultables en ligne.

Puis-je suggérer un article ou signaler une erreur de transcription ?

Yes. If there is an article you would particularly like to see digitized, or if you notice a possible transcription error or missing detail, please contact us. Reader feedback helps us improve the Digital Edition and prioritize useful connections within the archive.

Comment puis-je soutenir Brass Bulletin ?

Votre soutien contribue à financer la préparation, la vérification et la publication en ligne de l’intégralité de la collection.

S’abonner à l’Édition numérique

Vous préférez nous soutenir sans vous abonner ?

Faire un don

Rechercher dans Brass Bulletin.