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Science et technologie dans l'enseignement du trombone

Science et technologie dans l'enseignement du trombone

Bien que nous vivions à une époque de grands progrès scientifique et technologique, ce qui a été écrit jusqu’ici sur la pratique et l’enseignement de l’exécution instrumentale se fonde rarement sur une solide base scientifique.

En tant que musiciens de cuivres, nous savons tous combien il importe de produire un son clair et de qualité. Ceux de nos collègues qui possèdent naturellement ce don passent à nos yeux pour très chanceux. Pour ce qui est du reste d’entre nous, il nous faut compenser l’absence de ce don naturel en comprenant bien la nature de la production du son et le rôle du musicien, puis en nous efforçant d’adapter les divers facteurs individuels de façon à améliorer le son produit.

Toutes les études effectuées à ce jour sur ce sujet ont le même aspect frappant: l’absence de fondement théorique ou de point de départ commun. Cela ne peut que réduire grandement l’utilité réelle de telles études dont le but est essentiellement pratique (mieux jouer et mieux enseigner).

Pourtant, il existe une base théorique: la théorie de B. P. Konstantinov sur l’oscillation automatique de l’anche d’un instrument à vent, exposée dans son ouvrage intitulé Hydro-dynamic sound production and the propagation of sound in a restricted space (la production hydro-dynamique du son et sa propagation dans un espace restreint). En bref, elle pose le principe qu’un instrument à vent est un système acoustique avec une fréquence d’oscillation inhérente déterminée par sa structure. Dans le cas du trombone avec la coulisse en première position, cette fréquence est de 58,270 Hz, ce qui correspond à la note fondamentale Sib. (Chaque position de la coulisse correspond à une fréquence inhérente différente et produit donc une note fondamentale différente; le reste de l’étendue de l’instrument est constituée par les partiels de ces sept notes.) Pour que le système soit stimulé, il faut que le générateur soit accordé à la même fréquence que lui, comme cela a été prouvé expérimentalement au moyen d’un trombone traversé par un flot d’air produit mécaniquement et une valve en caoutchouc («lèvres» artificielles), sans musicien. Cette expérience a montré qu’il était nécessaire d’utiliser une valve de caoutchouc différente pour chaque note produite, ce qui signifie que l’exécutant doit d’une certaine manière être capable de «modifier son embouchure», ou plus exactement de changer la fréquence d’oscillation de ses lèvres, pour chaque note. (Cette harmonisation de la fréquence du générateur et de celle du système n’est essentielle qu’au début de la production de la note; une fois que celle-ci résonne, c’est le système qui se prend en charge et détermine la fréquence du générateur).

Pour être capable de faire correspondre la fréquence de l’oscillation des lèvres à celle de la note désirée, il faut d’abord comprendre le fonctionnement des muscles des lèvres, surtout celui du muscle en anneau dénommé orbicularis oris qui entoure la bouche et des muscles divergents qui s’y attachent, puisqu’ils commandent l’embouchure. L’utilisation d’une embouchure transparente, plutôt que d’un visualiseur d’embouchure, est très utile pour apprendre à contrôler l’action des lèvres pendant le travail.

Si l’on veut que ce système acoustique «musicien-instrument» fonctionne correctement, il faut aussi garder à l’esprit les deux points suivant: tout d’abord la nécessité d’un apport d’énergie adéquat, ce qui signifie ici d’un souffle correct, c’est-à-dire d’une respiration du diaphragme; ensuite, celle du contrôle de la vitesse du flot d’air, obtenu en soulevant et en abaissant la langue, pour réduire ou augmenter respectivement la dimension de la cavité buccale de laquelle s’écoule l’air (langue soulevée pour les notes aiguës et baissée pour les notes graves). Pour surveiller la position de la langue pendant le jeu, on utilise la radiographie.

Une fois toutes ces condition remplies, rien ne s’oppose plus à ce que l’on produise un son de qualité. On vérifiera en dernier si le musicien peut produire des sons claires sans articuler avec la langue, c’est ce qui prouve que toutes les conditions préalables sont effectivement remplies.

Brass Bulletin 41, I / 1983 pages 37–38

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