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Jean-Baptiste Arban (1825-1889) Biographie

Sa jeunesse

Jean-Baptiste Arban (1825-1889) Biographie

— Quels sont vos nom, lieu et date de naissance, je vous prie?
— Joseph Jean-Baptiste Laurent Arban. Je suis né à Lyon le 28 février 1825. Je désire m’inscrire pour la classe de trompette...

Arban a 16 ans et 7 mois lorsqu'il se présente au Conservatoire de Paris, le 29 septembre 1841. Il sera reçu dans la classe de trompette du professeur Dauverné. Tout laisse à supposer qu’il jouait déjà remarquablement de son instrument, puisque l’année suivante, le 4 juin 1842, il reçoit « un congé de six mois pour se mettre à la disposition de Monseigneur le Prince de Joinville, qui a bien voulu l'admettre au nombre des artistes qui l’accompagneront dans son voyage ». Arban soignera toujours ses excellentes relations avec la noblesse et avec les autorités politiques.

Le 14 juin 1843, soit un an plus tard, le Conservatoire notifie qu'« il est accordé à MM. Mottin et Arban, élèves de la classe de trompette de M. Dauverné, un congé, à partir du 22 juin jusqu’au 1er octobre ». Daniel Auber, le compositeur, occupait alors le poste de directeur depuis environ une année. Le jeudi 22 juin 1843, il note dans son registre des examens: (Arban) « il ira bien ». Il y avait 7 élèves de trompette, Arban en était le benjamin.

Joseph Jean-Baptiste Laurent Arban. Portrait le plus ancien du célèbre virtuose du cornet à pistons (et chef d’orchestre...
Joseph Jean-Baptiste Laurent Arban. Portrait le plus ancien du célèbre virtuose du cornet à pistons (et chef d’orchestre réputé!) Il doit être là dans sa trentaine (B.N. Paris)

Dès son retour de voyage (Londres?), Arban se prépare pour le concours. Pourtant, lors des auditions du 16 novembre 1843, il est absent. Auber, très pointilleux dans la tenue de son livre de surveillance, notera qu’Arban était malade ce jour-là. Arban devait se sentir bien sûr de lui, car malgré l’échéance relativement proche des examens, il demande et obtient, le 20 avril 1844, un nouveau congé jusqu’au 1er juillet (il part pour Londres). Il est donc à nouveau absent lors des auditions de contrôle du 1er semestre (14 juin 1844), mais il sera tout de même admis à concourir, à la faveur d’un excellent rapport de son professeur, M. Dauverné: « Arban: cet élève va très bien et peut être admis au concours de cette année. Il a obtenu de Monsieur le directeur, la permission de s'absenter jusqu'au 1er juillet pour affaires qui l’appelaient à Londres ».

Le mardi 9 décembre 1844, Arban, qui a maintenant 19 ans, monte sur l’estrade du Conservatoire et présente son programme avec, en particulier, le morceau de concours « Solo », écrit par Dauverné.

Pour sa première tentative et comme le veut (semble-t-il) la coutume, sa performance ne lui vaudra qu'un 2e prix. Le gagnant de cette année est un nommé Jean-Jacques-Edmond Dubois (24 ans).

Pour la trompette, les concours annuels ont commencé en 1835. Cette tradition s'est perpétuée jusqu’à nos jours.

Arban reprit donc le chemin de la classe où Dauverné, chaque lundi, mercredi et vendredi donnait 2 heures de cours. Malgré l’importance de l’enjeu (Arban est très ambitieux), il demande et obtient (27 mars 1845) un nouveau congé pour pouvoir partir à Londres jusqu’au 1er juillet, ce qui ne l’empêchera pas de remporter son 1er prix cette année-là (2e prix: J.-H.-L. Cerclier, qui deviendra professeur de trompette à la mort de Dauverné, en 1869). Les trois concurrents qui furent désignés pour le concours furent Arban, Cerclier et Luigini Etranger (sic). Le morceau de concours était le même « Solo » de Dauverné qu’en 1844.

N. B. — Les références de documents et les remerciements personnels trouveront place à la fin de cette série d'articles. De nombreux documents passionnants et inédits vont être publiés ici, mais j’engage toutes les personnes qui se trouvent en possession de documents ou de précisions sur Arban à me les communiquer au plus vite, à l’adresse de Brass Bulletin. Merci.

Brass Bulletin 9, III / 1974 pages 11–14

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