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Réflexions sur le cor
Par Francis Orval
Il est un fait que la sonorité est en grande partie tributaire de la colonne d’air, de la manière de respirer, de la détente avant l’émission, de la qualité des tissus des lèvres, etc.; bref, de l’entité physique d’une personne plutôt que d'une marque d'instrument. J'ai entendu un corniste qui, sur un instrument à très petite perce, dégageait une sonorité d'une amplitude incroyable. Il s'agissait d’un artiste septuagénaire (!) dont le nom, malheureusement, ne dira plus grand-chose aux nouvelles générations de cornistes: Van Boextael (il jouait un cor Van Cauwelaert).
Voici 15 ans, à peine, que les deux grandes écoles française et allemande ont entamé les pourparlers de paix après la grande « bataille du son » qu’elles se sont livré depuis des décennies. Elles ont enfin compris qu’il s’agissait avant tout de prendre ou de garder chez chacune ce qu’il y avait de mieux:
L’école française: jeu net (articulation un peu sèche), vibrato (justifié — lorsqu'il n'y a pas exagération), legato très souple, sonorité plutôt petite et claire de timbre, mais souvent prenante et sensible (charmeuse), instrument de petite perce.
L’école allemande: jeu un peu flou, vibrato quasi nul, legato un peu forcé, sons souvent poussés, mais sonorité généreuse et riche, instrument de large perce.
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