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Séminaires pour trombonistes

Séminaires pour trombonistes

Ces dernières années, j’ai participé à de nombreux colloques pour trombonistes. Ce genre de rencontre est devenu de plus en plus populaire de nos jours. La plupart sont ponctuels et s’inscrivent dans la ligne de ce qu’organise depuis de nombreuses années l’International Trombone Association. Le colloque de cette association a lieu annuellement à Nashville (Tennessee) depuis 1971 et en fait, l’I.T.A. a été précisément créée à l’issue de cette première rencontre. L’idée de se réunir est probablement très caractéristique des musiciens de cuivre. Les raisons en sont diverses, j’en suis persuadé, et pourraient offrir le matériel pour de longues recherches que j’aimerais entreprendre plus tard. En réalité, c’est la volonté de se réunir et d’échanger des connaissances qui a stimulé l’organisation de ces réunions particulières.

Dans ce qui suit, je voudrais décrire en détail certains colloques ou séminaires auxquels j’ai pu participer durant l’année écoulée.

A Nashville, aux Etats-Unis, on essaie d’inviter de nombreux musiciens trombonistes venus de tous les secteurs de la musique (symphonique, jazz, musique commerciale, musiciens de studio, solistes, etc.) et issus de différentes écoles d’interprétation. Ainsi, le workshop devient une rencontre intéressante non seulement pour ceux qui viennent écouter, mais aussi pour ceux qui viennent y jouer (et parler). A Nashville, on pouvait dire que le menu était trop copieux.

  • Deux différents cours de maître par jour. On a une heure pour entendre l’artiste invité exposer sa façon et sa philosophie du jeu instrumental. Il peut le faire de la façon suivante: en donnant un récital, en tenant une conférence, en répondant à des questions ou en enseignant (dans le sens du cours de maître). Ces sessions données en petit groupe permettent un premier contact qui pourrait être développé ultérieurement.
  • Des séances spéciales. Conférences (avec ou sans musique) pour des groupes plus importants. Les sujets sont variés: histoire, acoustique, pédagogie, répertoire, etc.
  • Concerts. Ceux-ci peuvent présenter de grandes variétés de styles et de genres, de la musique classique à l’avant-garde, du jazz à l’improvisation free.

Toutes ces séances s’enchaînent sur un rythme tellement rapide qu’il n’y a pas de temps pour s’arrêter et pour réfléchir un moment. Heureusement, elles sont enregistrées professionnellement¹ et livrables de suite. C’est très utile pour les participants et aussi pour ceux qui n’ont pas pu se déplacer. D’autres activités périphériques sont organisées: musique de chambre, leçons privées avec une «vedette» que l’on n’aurait jamais pensé pouvoir rencontrer, visite d’expositions d’instruments et possibilité, évidemment, d’exprimer ses idées ou sa propre façon de jouer à d’autres personnes.

Le problème principal, c’est l’organisation. Trouver des locaux pour tous ces événements afin que les gens puissent s’exercer, qu’ils puissent dormir, qu’ils puissent manger, et trouver une équipe qui maîtrise les nombreux problèmes difficiles qui surgissent durant ce genre de rencontre. Le programme artistique n’est pas plus facile à réaliser. Il faut savoir trouver les personnalités qui conviennent et réaliser une mixture raisonnable entre l’ancien et le nouveau. C’est également valable pour les concerts. Concernant le financement, les personnes qui enseignent à Nashville se satisfont d’un simple défraiement. Cela crée une sensation d’égalité et ne viennent là finalement que ceux qui ont l’impression d’avoir le privilège de participer à quelque chose et d’en tirer un bénéfice personnel.

Il faut relever ici le mérite particulier de Tom Everett, le coordinateur de ce colloque non seulement pour le succès et l’expansion qu’il a su donner à cet événement, mais aussi pour la façon dont il stimule l’équipe d’organisateurs et les participants.

En octobre 1984, le premier colloque danois a eu lieu près de Copenhague. C’était là l’initiative de Carsten Svanberg, copie conforme du modèle américain, mais dans des proportions plus modestes. Deux longs jours avec une petite palette d’artistes invités. Toutefois, il faut relever que le niveau extrêmement élevé de ce colloque.

Il faut garder à l’esprit aussi que ces deux workshops sont orientés sur un public de professionnels. C’est pourquoi il semble préférable de trouver un lieu à l’écart où les participants sont cent pour cent disponibles pour toutes les activités.

Vu sous cet aspect, la semaine internationale du trombone et du tuba qui a eu lieu à Metz en France en juin de cette année était différente. Metz est une capitale d’une région de l’est de la France connue pour ses activités musicales. Toutes les manifestations ont eu lieu dans la cité et ainsi accessibles au grand public. Le programme musical était du plus haut intérêt, plus orienté sur les concerts (peut-être et même souvent trop longs), mais le contact avec le grand public n’a pas été réalisé. La publicité a été lancée très tard, et les gens hors de France n’ont pas eu assez de temps pour organiser leur venue.... Ce colloque a une fois de plus été l’initiative d’un seul homme: Gilles Senon. Professeur de trombone a Metz, il sut habilement exploiter l’«Année européenne de la Musique» et obtenir ainsi une assistance financière du Conseil de l’Europe de façon à réaliser un rêve personnel. Au point de vue artistique, le programme fut superbe et l’on put rencontrer des maîtres internationalement connus. Malheureusement, la participation pour un tel événement fut faible. Le public local ne fut pas assez enthousiaste, et il faut regretter que la motivation principale de certains membres enseignants et invités fut étonnamment orientée sur les prétentions financières... Il faut le regretter d’autant plus que ces colloques sont très importants sur le plan humain et personnel, sans parler de ce qu’ils apportent sur le plan musical.

Le dénominateur commun de tous ces colloques fut la très haute qualité et le large programme artistique qui fut indiscutablement fructueux pour tous les participants.

Notes

¹ Audio Village, Box 291, Bloomington IN 47402, USA.

Brass Bulletin 52, IV / 1985 pages 67–69

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