Brass Bulletin est désormais aussi disponible en italien et en espagnol.

7 min. de lecture

Trac, pilule, doping

Derrière un débat longtemps réservé aux musiciens apparaît un tournant où trac, médicaments et responsabilité professionnelle cessent d'être confondus.
Trac, pilule, doping

Note de la rédaction

Le Dr. Christian Baechler de Genève, poursuivant les propos de Thomas Stevens et du Dr. Wilfred Buck — qui avaient déjà suscité des commentaires animés et parfois contradictoires parmi nos lecteurs — est ici au cœur d’un problème qui nous paraît extrêmement important et actuel. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’attirer votre attention en vous présentant une couverture inhabituelle.

Si Hans Pizka se targuait récemment dans ces colonnes de ne pas savoir ce qu’est le trac, la grande majorité des musiciens «normaux» n’en connaît malheureusement que trop les effets négatifs. Certains les combattent avec des exercices yoga, d’autres avec l’alcool, d’autres par la prière, d’autres enfin, au prix de leur santé physique et mentale.

Le Dr. Baechler parle en homme de métier. Sa lucidité est bienveillante. En une première étape, il expose ici les éléments essentiels qui déterminent ce sujet brûlant. Il a en outre accepté, dans la mesure de ses compétences, de répondre à vos questions, à vos remarques ou à vos critiques. Il développera volontiers les points particuliers que vous soulèverez.

Nous ouvrons donc une rubrique spéciale sur le sujet Trac - Pilule - Doping, dans le but de faciliter la démarche personnelle que chaque musicien adopte ou adoptera face aux affres de la peur que provoque la pratique musicale publique.

N’hésitez pas à réagir! Livrez-nous vos témoignages (nous respecterons l’anonymat si désiré). [jpm]

DR. CHRISTIAN BAECHLER

Très intéressé par la lecture des articles de M. Stevens (BB No 37, p. 8) et par celle de mon confrère, le Docteur Wilfred Buck (BB No 39, p. 23), je tiens ici à apporter ma contribution personnelle au sujet traité, à la fois comme médecin et comme trompettiste amateur.

Il m’apparaît en effet que trac, «pilule-miracle» et doping sont trois notions fondamentales qu’il convient de séparer et de préciser le plus clairement possible. On doit éviter à tout prix de comparer et de mélanger des réalités qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. Les conclusions fâcheuses qui pourraient en découler seraient catastrophiques, ou pour le moins stupides, comme le présente M. Stevens dans le dernier paragraphe de son excellent article. (BB No 37, p. 9).

1. Le trac

A propos de trac, Messieurs Stevens et Buck ont parlé à juste titre de la nervosité, de la bouche sèche, de la réponse du corps à une tension soudaine, de l’augmentation de la fréquence des battements cardiaques, des mains humides, du vibrato non intentionnel ou encore de la réaction de défense, voire de fuite. Je pourrais pour ma part allonger cette liste en y ajoutant mes symptômes personnels (gorge serrée, sueurs froides, insomnies ou hypertension artérielle), mais je ne désire pas poursuivre une énumération aussi triste que fastidieuse. Je me bornerai simplement à dire que le trac et moi faisons malheureusement trop bon ménage.

Comme nous venons de le voir, les manifestations du trac sont multiples et chaque instrumentiste peut les décrire facilement. Ce qu’il faut savoir, c’est que tous ses symptômes ont la même origine, la peur, mais qu’ils doivent être absolument séparés en deux groupes totalement distincts:

A) Les symptômes dits «psychiques»

B) Les symptômes dits «somatiques»

A) On entend par symptômes «psychiques», l’ensemble des manifestations qui se caractérisent par des états d’anxiété, de tension mentale comme la peur, l’insomnie, les états dépressifs, la perte d’appétit, la diminution du rendement intellectuel ou les modifications du comportement lors d’une prestation exposée, musicale ou autre.

B) On entend par symptômes «somatiques», l’ensemble des manifestations qui se produisent au niveau organique, c’est-à-dire, plus simplement, les symptômes présentant un caractère essentiellement physique, comme par exemple, l’augmentation de la fréquence des battements cardiaques, le cœur «qui bat la chamade», les diverses transpirations, les sécheresses de bouche, les diarrhées aiguës, les troubles respiratoires, les modifications parfois alarmantes de la tension artérielle...

Pour schématiser, on peut diviser les victimes du trac en trois catégories:

a) Ceux qui souffrent presque exclusivement de symptômes psychiques (cf A) ci-dessus).

b) Ceux qui souffrent presque exclusivement de symptômes somatiques (cf B) ci-dessus).

c) Ceux qui, constituant la plus grande majorité, associent, à des degrés divers, symptômes psychiques et symptômes somatiques.

Qui a le trac?

Lire la suite

Accédez à l’intégralité de l’édition numérique.

Brass Bulletin 40, IV / 1982 pages 4–9

Tout le contenu est protégé par le droit d’auteur © Brass Bulletin 1982–2026

Partager cet article

Facebook LinkedIn
Chargement…

Questions et réponses

Comment fonctionne l’édition numérique

Que contient l’édition numérique ?

L’édition numérique rassemble les articles déjà numérisés sous forme de textes consultables et interrogeables en ligne — et non simplement de scans ou de fichiers PDF — avec leurs illustrations originales, leurs notes, leurs auteurs, les informations sur leur numéro et les traductions disponibles. Les suggestions d’articles connexes comprennent actuellement uniquement ces contenus numérisés.

Les articles numériques sont-ils identiques aux originaux ?

Nous préservons aussi fidèlement que possible le texte original, la langue, les illustrations, les légendes, les notes et le contexte éditorial. La présentation est adaptée à une lecture confortable en ligne, et les erreurs manifestes de transcription ou de numérisation peuvent être corrigées. Le contenu et le caractère de l’article publié restent inchangés.

Quelles langues sont disponibles ?

Brass Bulletin a été publié en anglais, en français et en allemand tout au long de son histoire. Les traductions italiennes et espagnoles ont été ajoutées à partir du numéro 60.

Sur les sites italien et espagnol, les articles des numéros 1 à 59 sont donc affichés en anglais par défaut.

À quelle fréquence de nouveaux articles sont-ils ajoutés ?

De nouveaux articles sont ajoutés presque chaque jour, à raison d’environ un numéro complet numérisé par semaine. Le rythme peut varier en fonction du travail de préparation, de traitement des images et de vérification éditoriale nécessaire.

Pourquoi tous les articles ne sont-ils pas disponibles en ligne ?

La collection complète de Brass Bulletin comprend 1’246 articles publiés entre 1971 et 2003. L’index complet est déjà disponible en ligne et permet de découvrir tous les articles de la collection, y compris ceux dont le texte intégral n’a pas encore été numérisé.

La numérisation a commencé en février 2026. Chaque article est soigneusement préparé pour la lecture en ligne, vérifié et relié à son numéro, à ses auteurs, à ses sujets et à ses illustrations. Au rythme actuel de numérisation, l’intégralité de la collection devrait être disponible en ligne d’ici février 2028.

Pourquoi certaines références mentionnent-elles des articles qui ne sont pas encore disponibles ?

Les références figurant dans les articles originaux sont conservées, même lorsque les contenus auxquels elles renvoient n’ont pas encore été numérisés. Cela permet de préserver l’intégrité historique et éditoriale de la revue. À mesure que de nouveaux numéros sont ajoutés à l’édition numérique, un nombre croissant de ces références mènera à des articles consultables en ligne.

Puis-je suggérer un article ou signaler une erreur de transcription ?

Yes. If there is an article you would particularly like to see digitized, or if you notice a possible transcription error or missing detail, please contact us. Reader feedback helps us improve the Digital Edition and prioritize useful connections within the archive.

Comment puis-je soutenir Brass Bulletin ?

Votre soutien contribue à financer la préparation, la vérification et la publication en ligne de l’intégralité de la collection.

S’abonner à l’Édition numérique

Vous préférez nous soutenir sans vous abonner ?

Faire un don

Rechercher dans Brass Bulletin.