BrassBulletin

Magazine international des cuivres

Brass Bulletin 29, I / 1980 (page 67–80) · 15 min. de lecture
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Les fondateurs de l'école française de trompette

Merri Franquin, Eugène Foveau et Raymond Sabarich

Franquin, Foveau et Sabarich se dessinent à travers leurs carrières parisiennes, leur enseignement, leurs disques et l’école française de trompette.
Les fondateurs de l'école française de trompette

Eugène Foveau, Merri Franquin, Raymond Sabarich

Merri Franquin (1848-1934)

On ne rend pas suffisamment justice à «Papa Franquin», comme l'appelaient ses élèves. Il était né en 1848 à Lançon, petite ville des Bouches-du-Rhône. À 15 ans il déniche un cornet à pistons sous les combles de la maison paternelle : il a trouvé sa voie.

Il travaille seul pendant quatre ans. Un chef d’orchestre de passage à Lançon l'entend et lui conseille de se rendre à Marseille. C'est ainsi qu'en 1867 il est engagé comme cornettiste au Casino Municipal de Marseille. Il occupe ensuite le pupitre de soliste au Palais Lyrique et au Théâtre Chave de cette même ville, et ce jusqu'en 1870, date à laquelle il est incorporé en qualité de bugle solo à la Musique de la Garde Nationale de Marseille. Il y restera jusqu'à l'âge de 24 ans.

Merri Franquin (env. 1920)(Coll. M. Laplace)

Merri Franquin (env. 1920)
(Coll. M. Laplace)

Puis il monte à Paris et, malgré certaines difficultés, se présente au Conservatoire le 7 mai 1872. Il y est aussitôt reçu dans la classe de cornet de Jean-Baptiste Arban. En 1873 le concours comporte l'Air suisse de Böhm arrangé par Arban et les lauréats sont Silvestre (1er prix), H. Senée (1er prix), Culenaere (2e prix) et Jaussaud (2e accessit). À cette époque, on n'entrait pas au Conservatoire de Paris pour en ressortir l'année suivante avec son prix, mais la tradition voulait que l'apprentissage sous la direction du maître dure assez longtemps.

CulenaereDirecteur de l'École Nationale de musique de Douai.1er prix de Cornet à Paris.

Culenaere
Directeur de l'École Nationale de musique de Douai.
1er prix de Cornet à Paris.

En 1874 le concours impose le 2e solo d'Arban et les lauréats sont Ed. Lachanaud (1er prix), Leroux et Siméon (2e prix), Jaussaud (1er accessit) et... Merri Franquin (2e accessit). En 1875 Arban démissionne et son ami J. H. Maury (ex-corniste devenu cornettiste) lui succède ; il pressent les dons de Merri Franquin, le gratifie de son estime (il lui dédie un solo) et prend en mains sa formation.

Voici les résultats des concours des années suivantes :

1875, 1er solo de Maury : Jaussaud (1er prix), Galipeau (2e prix), Franquin (1er accessit), Dervaux (2e accessit)

1876, 2e solo de Maury : Léon Galipeau (1er prix), Franquin (2e prix), Jouchoux (1er accessit), Philippe (2e accessit)

1877, 3e solo de Maury : Merri Franquin (1er prix), Durietz (2e prix), Naninck (2e accessit).

Merri Franquin ne se borne pas à étudier le cornet, mais suit aussi les cours de solfège de Paul Rougnon et complète sa formation musicale sous la direction de Théodore Dubois, qui lui donne ses premières leçons d'harmonie.

Sa carrière proprement dite commence assez tard, alors qu'il est âgé de 28 ans (que l'on songe à la précocité de Foveau) : il est successivement premier soliste des Concerts Pasdeloup (de 1876 à 1892), trompette solo des Concerts Colonne (de 1884 à 1892), premier trompette solo du théâtre national de l'Opéra (de 1880 à 1901) et trompette solo de la Société des Concerts du Conservatoire (de 1892 à 1901). De 1899 à 1901 il fait également partie de l'orchestre des Grands Oratorios de Saint-Eustache, où, fait rarissime à son époque, il se produit plusieurs fois en soliste.

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