Proposez Brass Bulletin dans votre université, conservatoire ou bibliothèque Découvrez l’accès institutionnel

9 min. de lecture

Le Concerto de Haydn pour trompette

Partie 2

Par Alfred Willener

André, Wobisch, Dokshitzer, Stringer et d'autres montrent comment tempi, phrasé, ornements et cadences transforment le concerto de Haydn.
Le Concerto de Haydn pour trompette

Dans la partie I de cet article, des extraits de partitions ont illustré les variations écrites que l'on rencontre. L'espace disponible pour cette série de 3 articles (II l'interprétation, III la réception) est très restreint. Je développerai dans une publication ultérieure l'analyse qui, pour l'instant, n'est qu'amorcée (j'y présenterai p. ex. des vérifications des partitions à partir de l'original que je vais recevoir en microfilm et je reproduirai des interviews et lettres d'interprètes).

II. L'interprétation

La plupart d'entre nous savent à quel point l'on peut traduire d'une langue à l'autre superficiellement (les mots) ou substantiellement (quant à l'esprit ou au contenu de ce qui est à dire). En français, le mot «traducteur» se dit «interprète». Ce parallèle nous met sur la piste de notre problème.

Il ne suffit pas, en musique, de jouer des notes (les mots) — cela, tout le monde le sait. Encore s'agit-il de distinguer entre l'essentiel (les mots clés) et l'accessoire, de bien placer la ponctuation (les virgules, les points, les paragraphes) sans s'éloigner du style prévu (du type d'expression voulu par l'écriture originale), sans perdre le contenu (l'intention que poursuit celui que raconte l'histoire), le but général de l'interprète étant notamment de rendre l'esprit des mouvements (des chapitres) et de l'œuvre (du livre).

L'esprit et le contenu de l'œuvre

Comment les définir, les retrouver?

Assez peu de chose semble avoir été écrit sur ce concerto. Je n'ai pas encore pu fouiller dans toute la littérature. Peut-être quelques indications seront déjà intéressantes. Elles repartent de la personnalité du compositeur, de la position sociale et de son époque.

Haydn fut (dit-on) l'un des cinq génies de l'histoire du monde à avoir joui d'une parfaite santé physique et mentale. Éclatant de santé, autrichien, notre auteur était connu pour son humour. Sa position personnelle à la cour (1761-1790) impliquait beaucoup de sacrifices — énormément de travail et de solitude — tout en lui offrant des avantages. Il a pu se livrer à des expériences et il était motivé à le faire, p. ex. à faire jouer différentes versions de compositions pour orchestre et à les remanier, selon le succès obtenu par certaines parties, ou à introduire des instruments nouveaux ou des manières nouvelles d'en jouer (Karajan, p. 9).

Il a pensé se servir de dés pour composer. Tard dans la nuit, après des journées surchargées, il a appris à jouer lui-même du «baryton», en six mois d'efforts, afin d'épater son patron qui ne jouait que médiocrement de cet instrument et pour prouver à celui-ci qu'on pouvait aller beaucoup plus loin (Hughes, p. 39). Une des cantates de Haydn (Die Erwählung eines Kapellmeisters) traite ironiquement du choix d'un chef d'orchestre (Kobald, p. 224).

Si ce compositeur a écrit un concerto pour une nouvelle trompette, ce n'était sans doute pas seulement parce qu'un trompettiste de la cour était son ami, mais en vue — peut-être était-ce l'intention principale — de lancer un défi. L'instrument mis au point par Weidinger était fort imparfait et difficile à jouer (sons de force et de qualité inégales). Tenschert (p. 213) écrit que cette trompette n'était pas encore «complètement développée» à l'époque de la composition. Écrire pour cette trompette était aventureux.

Composée en 1796 l'œuvre écrite pour «trompette solo, 2 violons, 2 violas, basse, 2 flûtes, 2 hautbois, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes et 2 grosses caisses» (Hoboken, HV 22, Nr 1) ne fut jouée qu'en 1800, dans le Burgtheater à Vienne (Robbins, p. 35).

Lire la suite

Accédez à l’intégralité de l’édition numérique.

Brass Bulletin 36, IV / 1981 pages 34–41

Tout le contenu est protégé par le droit d’auteur © Brass Bulletin 1981–2026

Partager cet article

Facebook LinkedIn
Chargement…

Questions et réponses

Comment fonctionne l’édition numérique

Que contient l’édition numérique ?

L’édition numérique rassemble les articles déjà numérisés sous forme de textes consultables et interrogeables en ligne — et non simplement de scans ou de fichiers PDF — avec leurs illustrations originales, leurs notes, leurs auteurs, les informations sur leur numéro et les traductions disponibles. Les suggestions d’articles connexes comprennent actuellement uniquement ces contenus numérisés.

Les articles numériques sont-ils identiques aux originaux ?

Nous préservons aussi fidèlement que possible le texte original, la langue, les illustrations, les légendes, les notes et le contexte éditorial. La présentation est adaptée à une lecture confortable en ligne, et les erreurs manifestes de transcription ou de numérisation peuvent être corrigées. Le contenu et le caractère de l’article publié restent inchangés.

Quelles langues sont disponibles ?

Brass Bulletin a été publié en anglais, en français et en allemand tout au long de son histoire. Les traductions italiennes et espagnoles ont été ajoutées à partir du numéro 60.

Sur les sites italien et espagnol, les articles des numéros 1 à 59 sont donc affichés en anglais par défaut.

À quelle fréquence de nouveaux articles sont-ils ajoutés ?

De nouveaux articles sont ajoutés presque chaque jour, à raison d’environ un numéro complet numérisé par semaine. Le rythme peut varier en fonction du travail de préparation, de traitement des images et de vérification éditoriale nécessaire.

Pourquoi tous les articles ne sont-ils pas disponibles en ligne ?

La collection complète de Brass Bulletin comprend 1’246 articles publiés entre 1971 et 2003. L’index complet est déjà disponible en ligne et permet de découvrir tous les articles de la collection, y compris ceux dont le texte intégral n’a pas encore été numérisé.

La numérisation a commencé en février 2026. Chaque article est soigneusement préparé pour la lecture en ligne, vérifié et relié à son numéro, à ses auteurs, à ses sujets et à ses illustrations. Au rythme actuel de numérisation, l’intégralité de la collection devrait être disponible en ligne d’ici février 2028.

Pourquoi certaines références mentionnent-elles des articles qui ne sont pas encore disponibles ?

Les références figurant dans les articles originaux sont conservées, même lorsque les contenus auxquels elles renvoient n’ont pas encore été numérisés. Cela permet de préserver l’intégrité historique et éditoriale de la revue. À mesure que de nouveaux numéros sont ajoutés à l’édition numérique, un nombre croissant de ces références mènera à des articles consultables en ligne.

Puis-je suggérer un article ou signaler une erreur de transcription ?

Yes. If there is an article you would particularly like to see digitized, or if you notice a possible transcription error or missing detail, please contact us. Reader feedback helps us improve the Digital Edition and prioritize useful connections within the archive.

Comment puis-je soutenir Brass Bulletin ?

Votre soutien contribue à financer la préparation, la vérification et la publication en ligne de l’intégralité de la collection.

S’abonner à l’Édition numérique

Vous préférez nous soutenir sans vous abonner ?

Faire un don

Rechercher dans Brass Bulletin.