L'histoire de l'invention des pistons et des instruments à pistons en Allemagne (1814-1833)
Par Herbert Heyde
Wilhelm Wieprecht (1802-1872)
Le barillet à cylindre rotatif
Dans sa réponse du 12 avril 1818 au sujet de l'octroi du brevet pour l'invention, le Ministère du commerce invite Blühmel et Stoelzel à inclure clairement l'ancien système — celui à cylindre rotatif — dans la demande, car ce point n'avait été que vaguement mentionné dans la discussion:
Puisqu'au début le système de fermeture de la rallonge était différent de celui d'aujourd'hui — que vous aviez présenté, vous Blühmel par un dessin, vous Stoelzel avec un prototype de cor — et que tous deux, d'après ce qui se dit, avez l'intention de revenir au premier système et de ne garder les pistons à boîtes carrées ainsi que les pistons-tiroirs que pour le cor, je vous invite donc à produire rapidement un dessin et une description de ce mécanisme dont étaient munis les modèles de Waldenbourg, afin que le brevet couvre également cette version de l'invention.
Ni Blühmel, ni Stoelzel ne réagirent à cette injonction. Ce n’est qu'en 1828, après que la demande de prolongation de l'ancien brevet par Stoelzel eut été repoussée, que les deux inventeurs demandèrent un nouveau brevet pour les barillets à cylindres rotatifs. Ces dix ans d'attente cachent une ruse économique: si l'on avait inclus le cylindre rotatif en 1818 comme le demandaient les autorités, ils auraient ainsi, à l'avance, renoncé à une éventuelle utilisation commerciale de l'invention.
Dans leur optique, ils gardaient donc l’espoir d'un nouveau brevet. Lors des négociations orales tenues avec la commission technique, Blühmel ou Stoelzel — ou tous les deux — déclarèrent utiliser le barillet à cylindre rotatif pour la trompette et le trombone et le piston-tiroir pour le cor.
En 1828 — un peu comme en 1818 — Stoelzel se montre plus rapide que Blühmel dans le dédale administratif. Le 27 mars 1828, il fait parvenir la lettre suivante au ministre d'Etat Schuckmann:
Les dessins ci-indus sont réalisés d'après certains dispositifs que j'avais créés en 1814 déjà, dans le but de perfectionner les instruments à vent métalliques. J'étais déjà parvenu à obtenir que tous les sons manquants habituellement sur ces instruments puissent être joués facilement et sûrement. Je n'avais toutefois pas adopté ce système parce que les pistons-tiroirs que j'ai présentés en 1818 et en 1827 demandent une poussée bien plus courte et s'actionnent donc plus vite et plus facilement, permettant ainsi de réaliser n'importe quel passage.
Aujourd'hui je me sens toutefois amené à présenter cette version supplémentaire en faisant respectueusement remarquer que, selon moi, tous ces dispositifs peuvent être considérés comme étant une seule et unique invention, puisque tous ne servent qu'à fermer et ouvrir les rallonges et poursuivent ainsi qu'un seul et unique but. Si mes prétentions ne sont pas justifiées, je prierai alors humblement le haut ministère de me donner un brevet sur ce point.
On remarquera que Stoelzel invite pour ainsi dire le ministre à refuser la demande.
Dans la suite de cet article, l’évolution de la valve rotative est examinée à travers les demandes de brevet de 1828, mettant en lumière les différences techniques entre Blühmel et Stölzel ainsi que l’émergence des premiers systèmes de valves.
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