Brass Bulletin 13, I / 1976 (page 52–55) · 2 min. de lecture
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Mon nouveau double cor déchant

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Corniste à l’Orchestre symphonique d’Utrecht (Hollande), Theo Westhof présente le double-cor déchant qu’il a conçu.

Le problème principal du corniste d’aujourd’hui réside dans le choix du bon instrument parmi la quantité déroutante de modèles proposés par les grandes firmes. On recherche généralement un instrument offrant une émission facile et sûre dans toute la tessiture, ainsi qu’une sonorité équilibrée et chaude.

Lorsque vous cherchez un tel instrument, vous vous rendez rapidement compte qu’il n’existe pas. Il est pourtant vrai que l’on construit depuis longtemps de très bons cors, et l’on a pu croire qu’avec l’introduction du double-cor Sib/Fa, la perfection était atteinte. Aujourd’hui, même ce cor ne répond plus à toutes les exigences.

Le double-cor déchant (voire le triple) serait en fait idéal, du moins pour le cor aigu, si l’on n’avait pas à faire face (du moins sur les modèles actuels) à certaines lacunes:
a) les problèmes de justesse du cor en Fa aigu;
b) la perte de qualité sonore du cor grave, due à la branche d’embouchure inévitablement trop courte.

De ce fait, le double-cor déchant n’est que partiellement satisfaisant, et bien des cornistes reviennent au cor Sib ou au double-cor, dont la sonorité est bien meilleure, quitte à accepter une moindre sûreté dans le registre aigu.

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Au cours de mes nombreuses années d’activité orchestrale, j’ai longuement réfléchi à ce problème. Mes multiples expériences m’ont conduit à une solution:

Le double-cor déchant doit être transformé de manière à ce que le cor Sib (et, dans le cas du triple, le cor Sib et le cor Fa) reste intact, c’est-à-dire qu’il conserve la longue branche conique. L’un des deux barillets déviateurs est soudé sur la branche, immédiatement derrière l’embouchure, au lieu d’être placé dans le bloc des machines. À partir de ce barillet, le cor en Fa aigu se développe et ne rejoint le corps principal qu’après le bloc des machines, via le second barillet déviateur.

Avantages:
a) chaque cor, à l’exception du pavillon, est indépendant et possède sa propre branche d’embouchure;
b) chaque branche produit un son correspondant parfaitement aux caractéristiques de chacun des cors;
c) chaque cor possède sa propre coulisse d’accord, les circuits étant indépendants.

J’ai construit ce cor avec Helmut Finke, facteur d’instruments à Vlotho/Exter (R.F.A.). Le Dr Klaus Wogram, de l’Institut d’acoustique de Braunschweig, nous a beaucoup aidés grâce à ses appareils de mesure et à ses programmes informatiques pour résoudre les problèmes de justesse.

Je pense pouvoir dire que notre instrument est réussi, tant sur le plan de la qualité sonore que sur celui de la construction. Nous avons évité la tuyauterie compliquée que l’on trouve sur la plupart des autres instruments.

Theo Westhof, Helmut Finke
Theo Westhof, Helmut Finke

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