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Les concertos classiques pour trombone et leurs interprètes au XIXe siècle

De Queisser à Ferdinand David : l’essor—puis le déclin—du concerto classique pour trombone au XIXe siècle dévoile un âge d’or aujourd’hui oublié.
Les concertos classiques pour trombone et leurs interprètes au XIXe siècle

A quand remontent les débuts de la littérature classique pour trombone?

Pour répondre à cette question il faut d'abord préciser que les premiers concertos pour trombone ont été écrits au XVIIIe siècle, tout spécialement pour l’alto (Albrechtsberger, Wagenseil). Les premières oeuvres pour le trombone-solo ténor, elles, remontent au début du XIXe siècle. C'est principalement en Allemagne centrale que furent écrites et créées ces oeuvres pour trombone, en raison de la présence dans cette région de solistes talentueux.

Les programmes de concerts du Gewandhausorchester au XIXe siècle sont une véritable mine de renseignements sur les premières oeuvres de la littérature solistique pour trombone. On y trouve mentionné un «Concertino pour trombone et orchestre» de Carl Maria von Weber qui fut créé le 6 mars 1826 et repris le 15 novembre 1832 par le tromboniste Carl Traugott Queisser. Malheureusement il ne s’agit pas d'une oeuvre originale de Weber. Ne trouvant pas de littérature convenable, C. T. Queisser avait arrangé le Concertino pour cor op. 45 pour le trombone. Une critique parue dans le journal AMZ (34, 1832, p. 869) relève: «Notre Queisser s'est arrangé un Concertino pour cor de C. M. v. Weber pour le trombone basse et l'interpréta avec sa maestria habituelle. Toutefois cette oeuvre ne nous parut pas idéale pour cet instrument.»

Un autre «Concertino pour trombone» fut écrit par C. G. Müller, violoniste du Gewandhausorchester, devenu plus tard chef de musique à Altenburg. La création de cette oeuvre eut lieu le 10 janvier 1828, toujours avec C. T. Queisser comme soliste, tout comme dans les 7 reprises qui suivirent. La dernière exécution relevée dans les programmes des concerts du Gewandhaus est datée du 19 octobre 1843. Ce Concertino de C. G. Müller figure pour l’instant comme première oeuvre classique pour trombone-solo ténor. Les programmes de concerts de cette époque comprenaient souvent une ou plusieurs compositions pour instruments solistes. De plus ces programmes étaient très riches et sans grandes exigeances. L'histoire a peu à peu établi d'autres critères de valeurs. A cette époque les compositeurs étaient stimulés par la demande constante créée par ces concerts «fleuves» et «pondaient» une oeuvre après l’autre. Les vieux recueils de solos pour trombone révèlent des noms comme: Paudert, Demerssemann, Wichtel, Belke, Jehmlich, Kühn, Knop, Müller, Nowakowsky, Gräfe, Rex, Sachse et David, pour n'en citer que quelques-uns. Evidemment seules quelques oeuvres ont résisté au temps et gardent aujourd'hui encore une valeur musicale intéressante. Une de ces oeuvres est considérée, tout spécialement parmi les musiciens d'Europe centrale, comme étant le concerto classique par excellence, il s'agit du «Concertino pour trombone» op. 4 de Ferdinand David. Cette oeuvre est aujourd'hui encore imposée lors des concours des examens de diplômes, grâce à ses qualités qui permettent d'établir des critères d'appréciations techniques et musicales sur les candidats. La valeur de l'oeuvre se situe essentiellement dans les 1er et 2e mouvements (Allegro maestoso et Andante, marcia funebre). Le 3e mouvement n'étant qu'une reprise thématique du 1er.

Dans la suite de cet article, le rôle central de Ferdinand David et de Carl Traugott Queisser est étudié en détail, ainsi que l’histoire des interprétations du concertino et l’évolution du trombone comme instrument soliste au XIXe siècle.

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Brass Bulletin 25, I / 1979 pages 51–55

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