- méthode empirique démontrée à Moudon par Thomas Stevens
- méthode proposée par Henri Gallarette, facteur d’instruments à Marseille
- méthode mise au point par Jean Louis Mouton et René Périnelli.
Au préalable, nous ferons une description du piston et de sa chemise (Ill. 1, 3e piston).
Illustration 1
Première méthode
Méthode empirique basée sur l’écoute des différents rapports harmoniques de l’instrument, démontrée par Thomas Stevens.
Illustration 2
A) Réglage pistons levés (0)
L’air mis en vibration dans l’instrument se manifeste tout d’abord au niveau du 3e piston, après être passé par la branche d’embouchure. C’est pour cette raison qu’on agira d’abord sur la hauteur du 3e piston en dévissant le chapeau de dessus (Ill. 2) de manière à faire remonter plus ou moins le piston dans la chemise. Cette opération permet de vérifier si le feutre intérieur (Ill. 3) n’est pas trop épais, ou s’il ne s’est pas trop tassé à l’usage.
Plus le feutre intérieur sous le chapeau de dessus est épais, plus le piston descend dans la chemise, et inversement: plus le feutre intérieur est mince, plus le piston monte dans la chemise.
Illustration 3
Pour fixer définitivement le piston, on choisira des feutres de différentes épaisseurs correspondant à la hauteur choisie (Ill. 3). Ainsi, si le piston descend trop sur la chemise, on mettra un feutre (ou un liège) plus fin et s’il ne descend pas assez, on mettra un feutre (ou un liège) plus épais.
On pourra éventuellement constater des différences dans la sonorité, dans la facilité d’exécution et dans les différents rapports des notes, en jouant les partiels de l’instrument, pistons levés:
On agira ensuite sur le 1er piston car c’est à sa sortie que le son prend sa qualité définitive, se «matérialise» vraiment en abordant le pavillon.
De la même manière que précédemment, on dévissera plus ou moins le chapeau de dessus en jouant toujours les partiels pistons levés. Enfin, si les différences ne sont pas évidentes, on agira sur le 2e piston selon le même procédé.
B) Réglage piston abaissé (+):
Il faut noter que la course du piston sera fonction de la longueur de la broche. En effet, lorsqu’on appuiera sur le piston, on pourra constater que plus la broche sera longue, plus le piston descendra dans la chemise, et inversement: plus la broche sera courte, moins le piston descendra profond dans la chemise.
Pour régler la longueur de la broche, on dévissera plus ou moins le bouton (Ill. 4) que l’on fixera (Ill. 5) ensuite à la hauteur choisie avec des feutres ou des rondelles de différentes épaisseurs.
Il s’agira là encore de faire coïncider au mieux les coquilles des pistons et les trous correspondants des pompes. On peut ici procéder par visualisation. Ainsi, il est très facile de vérifier pour le 2e piston si les trous concordent bien. Selon les instruments, les 3e et 1er pistons pourront aussi se visualiser.
On pourra, là encore, éventuellement constater des différences dans la sonorité et dans la facilité d’exécution en jouant les partiels sur les différents doigtés de l’instrument:
Illustration 4
Illustration 5
Conclusion
Il est bien évident que ces éventuelles différences qu’on aura pu noter seront fonction de la qualité et de l’état de l’instrument et pourront être minimes ou parfois considérables. Cette méthode permet, avec une certaine habitude, après plusieurs expériences, de faire un réglage très correct sans aucun matériel particulier, si ce n’est des feutres et des rondelles de différentes épaisseurs.
Deuxième méthode
Proposée par Henri Gallarette, facteur d’instrument à Marseille, cette méthode comparative de longueurs devient plus précise.
A) Réglage piston levé (0)
On doit avoir A = B. Ainsi, les trous du piston et de la chemise correspondent bien (Ill. 6, 3e piston).
Illustration 6, Figure 7
B) Réglage piston abaissé (+)
On doit avoir A’ = B’ (pour les mêmes raisons que ci-dessus (Ill. 7)). Bien évidemment, il s’agit de toujours choisir la coquille qui correspond au trou de la pompe. Un pied à coulisse est nécessaire pour le relevé des longueurs et rend cette méthode simple et précise pour la mesure du piston levé (A), mais peut présenter quelques difficultés dans le cas du piston abaissé (B) pour la mesure de la broche, hormis le cas où l’on possède un appareil de mesure appelé «maître de danse» (rien à voir avec les Ballets de l’Opéra !).
Remarque: Avec cette méthode, veiller à ce que les mesures D et C du chapeau de dessus soient égales (Ill. 8), ou, suivant les trompettes, que le pas de vis de la chemise du piston soit égal à celui du chapeau de dessus (Ill. 9), car il arrive généralement que D > C, ce qui décale d’autant le résultat final.
Figure 8 et 9
Troisième méthode
Cette méthode mise au point par Jean Louis Mouton et René Périnelli permet des réglages au 1/10 de millimètre et s’avère donc d’une précision extrême.
Il est nécessaire pour appliquer cette méthode de posséder un petit appareil¹ permettant de relever des longueurs A et B (voir tableaux ci-après), ainsi qu’un pied à coulisse au 1/10 mm avec jauge de profondeur et éventuellement une machine à calculer.
La précision de ces différents relevés de mesures et calculs permet un réglage parfait des pistons. De plus, (comme pour les deux méthodes précédentes), il faudra des feutres ou des lièges ainsi que des rondelles de différentes épaisseurs pour fixer les longueurs choisies.
Le principe de cette méthode est simple. Voici comment procéder avec un des exemples de mesures. (Les tableaux ci-après aideront pour le relevé des mesures et les différents calculs à faire.)
Exemple de mesures sur un instrument. Ces mesures s’entendent en dixièmes de millimètre.
A) Mesures pour les pistons levés:
- Mesurer et relever au moyen du pied à coulisse les longueurs A1, A2 et A3 sur les différentes chemises des pistons (Ill. 10).
- Relever et mesurer également avec le pied à coulisse les longueurs B1, B2 et B3 des pistons dont la coquille correspond au trou de la pompe (Ill. 11).
- Porter ces différentes longueurs sur le tableau ci-dessus et pour les valeurs de X, faire les opérations suivantes: A1—B1=X1 / A2—B2=X2 / A3—B3=X3 (Ill. 12).
Après avoir remis chaque piston sur sa chemise, porter les différentes valeurs de X (X1, X2, X3) sur le pied à coulisse. Ôter les chapeaux de dessous et suivant les différentes valeurs respectives de X, introduire la jauge du pied à coulisse sous chaque piston (Ill. 12). Vérifier si la longueur de la jauge correspond bien à la longueur du piston en place.
Si la jauge ne touche pas le piston (trop court), mettre un feutre plus épais, ce qui fera descendre le piston (Ill. 13).
Si la jauge touche trop le piston (trop longue), mettre un feutre plus fin, ce qui fera remonter le piston (Ill. 14).
Figures 10 à 14
B) Mesures pour les pistons abaissés
De la même façon que pour les pistons levés:
- Mesurer et relever avec le pied à coulisse les longueurs a1, a2 et a3 sur les chemises des pistons (Ill. 15).
- Relever et mesurer toujours avec le pied à coulisse les longueurs b1, b2 et b3 des pistons dont la coquille correspond au trou de la pompe (Ill. 16).
- Faire les opérations pour trouver x: a1—b1=x1 / a2—b2=x2 / a3—b3=x3 (Ill. 17).
De la même façon que plus haut, remettre chaque piston dans sa chemise, et pour vérifier les différentes valeurs de «x» appuyer sur les pistons, bien sûr (Ill. 17), et mesurer avec la jauge du pied à coulisse.
Figures 15 à 17
Remarque: les valeurs de «x» dans le cas du piston abaissé sont très petites. Il faudra donc prêter la plus grande attention lors des différentes opérations de relevés, de mesures et de calculs.
Notes générales:
On aura le choix entre deux relevés de mesures, entrée ou sortie du piston (dans le circuit de la colonne d’air). Il s’agira simplement de toujours bien choisir la coquille du piston qui correspond au trou de la pompe.
D’autre part, selon la marque de l’instrument, on constatera un jeu latéral des pistons plus ou moins important contre lequel il est difficile de faire quelque chose.
Conclusion
Nous espérons, après ce propos, que la lumière dont nous avons bénéficié puisse éclaircir un peu mieux ce problème. Ainsi notre travail n’aura pas été vain et incitera peut-être d’autres collègues à l’approfondir. C’est ce que nous souhaitons.
En attendant, nous nous tenons à la disposition de chacun pour d’éventuels renseignements complémentaires. Écrivez simplement à René Périnelli, «L’Horizon» — Château Sec, 10, bd de la Gaye, F — 13009 Marseille.