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Herbert L. Clarke (1867-1945)

Années d'enfance

Partie 1

Par David Hickman

Herbert L. Clarke (1867-1945)

Herbert Lincoln Clarke naquit à Woburn, dans le Massachusetts, le 12 septembre 1867; c'était l'un des cinq fils d'Eliza et de William Horatio Clarke, qui descendaient des premiers colons de l'ancienne Angleterre, venus en Amérique sur le navire «Lion», qui avait accosté à Plymouth, dans le Massachusetts, en 1634.

Alors même qu'Herbert reçut d'abord une éducation visant à en faire un architecte, à cause de certains talents dont il fit preuve dans sa jeunesse, il grandit dans un excellent cadre musical. William Horatio Clarke était un organiste célèbre, écrivain et compositeur qui pouvait jouer presque de n’importe quel instrument à corde ou à vent. Il acheta des instruments pour les garçons, et ils s'intéressèrent passablement à la musique et devinrent ambitieux.

Will, le premier fils, devint plus tard un excellent organiste et pianiste, mais choisit de faire carrière dans le commerce. Edwin, le deuxième fils, était violoniste et cornettiste, dirigeait un orchestre professionnel, et fut cornettiste dans la fanfare de Sousa, avant de devenir l'administrateur général de Sousa, pendant les dernières années de celui-ci. Le troisième fils, Ernest, était un tromboniste de renom. Il joua dans la fanfare de Patrick Sarsfield Gilmore, jusqu'à la mort de Gilmore, puis ensuite avec la fanfare de Victor Herbert (anciennement fanfare de Gilmore), et finalement avec l'Orchestre symphonique de New York, pendant quinze ans. Herbert, le quatrième fils de la famille, devint le premier cornet soliste d'Amérique et un célèbre directeur de fanfare. Très peu de choses sont connues au sujet du cinquième fils de la famille Clarke, sinon qu'il n'était pas très proche des autres frères en raison de son âge.

La famille Clarke déménagea pour se rendre à Dayton, en Ohio, alors qu'Herbert avait entre quatre et cinq ans. Son père avait accepté un poste d'organiste d'église et de directeur de musique dans les écoles publiques.

Enfant, Herbert avait l'interdiction de jouer du cornet ou de n'importe quel instrument à vent, étant donné que son père ne souhaitait pas qu'il devienne musicien de fanfare, parce que les musiciens de fanfare étaient généralement trop «rudes» pour un garçon de l'âge d'Herbert.

Herbert Clarke avec son premier instrument de fanfare.

Herbert Clarke avec son premier instrument de fanfare.

Il reçut un tambour comme premier instrument et défilait souvent sur la pelouse, tapant sur son tambour et chantant, tout en souhaitant pouvoir un jour jouer dans un véritable orchestre.

Au bout de quelque temps, Herbert eut l'autorisation de jouer de quelques instruments à vent tirés de la collection familiale, qui comprenait un tuba en fa, un bugle à clefs, un cor de poste à cylindres, un ancien cornet et un ophicléide baryton. Après plusieurs sessions frustrantes avec chaque instrument, Herbert se rendit compte que les instruments étaient en trop mauvais état pour jouer, même lorsqu'il bouchait les fuites d'air au moyen de cire d'abeille.

Le père acheta aux quatre fils aînés des violons miniatures et commença à leur donner leur première instruction musicale. Il ne laissait jamais passer la plus petite erreur; chaque erreur devait être corrigée immédiatement, étant donné que leur père pensait que la négligence, dans le cas des débutants en musique, est la même que celle d'un enfant à qui on permettrait, alors qu'il commence à étudier la table de multiplication, de deviner les résultats.

Herbert montrait très peu de talent pour la musique avec le violon, et ses premiers intérêts se dirigeaient vers les plaisirs du baseball et d'autres sports.

Herbert déménagea à Indianapolis, Indiana, où son père devait fabriquer des orgues d'église et être organiste de l'Église de Robert's Park. C'est là qu'Herbert commença l’école et il fut souvent grondé pour avoir «tambouriné» sur son pupitre avec ses doigts.

Il se joignit à une équipe enfantine de baseball et, étant donné qu'il était plutôt grand pour son âge, il joua la plupart des matchs. Il se cassa un jour un doigt de la main droite, ce qui représenta un obstacle pour sa technique pendant toute sa vie.

Les quatre frères aînés Clarke. De gauche à droite: Herbert, Ernest, Edwin et William.

Les quatre frères aînés Clarke. De gauche à droite: Herbert, Ernest, Edwin et William.

La famille Clarke déménagea à nouveau, se rendant cette fois à Somerville, un faubourg de Boston, Massachusetts, où M. Clarke devait devenir organiste du Tremont Temple. Edwin organisa un petit orchestre d’école de huit à dix garçons, qui répétaient à la maison après les classes. Il se mit également au cornet, prit quelques leçons et se joignit à la fanfare de Somerville. Ernest, souhaitant se joindre à l'orchestre d’Ed, se mit à travailler sur le tuba en fa familial.

Herbert, souhaitant également devenir joueur de cuivres, n'eut aucun succès avec les autres instruments familiaux.

Lorsqu’Herbert eut douze ans, la famille se rendit à Toronto, au Canada, où le père devint organiste de l'Église baptiste de Jarvis Street. Ernest posa sa candidature pour jouer du tuba dans la fanfare du Queen's Own Rifles Regiment et fut accepté. Ed y entra également comme cornettiste et Will les rejoignit plus tard en tant que tromboniste à piston.

Herbert écoutait son frère Ed répéter la méthode pour cornet d'Arban sur son cornet d'argent, qu'il chérissait, étant donné qu'il avait autrefois appartenu au célèbre cornettiste «Mat» Arbuckle. Herbert se rendait compte que le cornet était l’instrument dont il rêvait, mais il n'avait même pas le droit de toucher au cornet de son frère.

Herbert organisa un orchestre d'enfants dans lequel il jouait du violon et dont il était le chef. Ils répétaient à la maison et jouaient dans la ville, à l’église et lors de réunions de club, après lesquelles ils recevaient un repas gratuit.

Lorsqu’Herbert eut treize ans, il devint second violon du «Philharmonic Society Orchestra» (orchestre d'amateurs) sous la direction du Dr F. H. Torrington. C'est là qu'il apprit à jouer beaucoup de musique orchestrale et qu'il entendit plusieurs grands solistes de New York et de Boston.

Son frère Ed se mit à s'intéresser au violon et organisa son propre orchestre d'enfants. Ceci donna à Herbert l'occasion de répéter sur le cornet d’Ed, qui était plutôt négligé. Ed donna à Herbert des leçons de cornet et bientôt Herbert joua du cornet dans l'orchestre d’Ed. Herbert gagnait cinquante cents par soirée en jouant dans l’orchestre d’Ed, dans un nouveau restaurant, et il jouait comme cornettiste remplaçant à l'Orchestre «Philharmonic Society». Herbert commença à faire des économies pour s'acheter un cornet à lui.

Herbert passa une audition devant M. John Bayley, directeur du «Queen's Own Regimental Band», fut accepté et reçut la place de dernier du pupitre de douze cornets. Il reçut de la fanfare un cornet ainsi qu'un uniforme et prêta serment à l'âge de quatorze ans, parce que M. Bayley croyait qu'Herbert avait dix-huit ans, âge minimum requis pour se joindre aux forces armées.

Herbert commença à jouer du cornet à l'église et défila souvent dans les cortèges avec le Queen's Own Band, ce qui lui rapportait une somme d'un dollar par cortège. Cet argent l'aiderait à gagner son cornet personnel, qu'il souhaitait beaucoup.

En automne, Herbert entra dans une équipe de football de jeunes et travailla si dur qu’il lui arrivait souvent de se coucher sur le sol froid afin de se rafraîchir. Il attrapa un rhume qui se transforma en une maladie grave et le bloqua chez lui du début décembre jusqu'au mois d'avril suivant. Il n'avait pas le droit de jouer du cornet; il fut remplacé dans son poste au «Queen’s Own Band», le cornet fut rendu, et on dut lui apporter ses devoirs chaque jour afin qu'il ne soit pas trop en retard à l’école. Le découragement de ne pas pouvoir jouer du cornet était accablant.

Brass Bulletin 18, II / 1977 pages 13–18

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