Bon, l’Anglais dans le «Boléro» rata deux notes, l’Américain pas et ce dernier fut choisi.
Herbert rentra chez lui plus fatigué que s’il avait joué. Il observa son chemin quotidien, les édifices si familiers de sa ville avec au fond de lui-même une sensation de malaise indéfinissable.
Le 15 septembre à 9h30, il se rendit à la première répétition avec son nouveau second. Il se sentit vieux, et un trac inhabituel le tenaillait. Lorsqu’il arriva, ses vieux collègues l’observaient d’un air qui lui parut nargueur.
- «Il est déjà au pupitre» lui glissa Karl.
Herbert arriva à sa place et, serrant fortement son trombone d’une main, il tendit sa main à Ronald.
- Guten Tag, Kollege. Na wie geht’s?
- Hi! Herb.
Les deux mains se serrèrent, mais les yeux d’Herbert étaient rivés sur le lutrin du nouveau second.
Sa partition de premier était dessus. Herbert la reprit et la posa devant lui. Il pensa à Walter, son compagnon