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La formation des musiciens de cuivre en Grand-Bretagne

Dans la Grande-Bretagne des années 1980, brass bands, écoles et conservatoires formaient les musiciens de cuivre, entre exigences croissantes et restrictions budgétaires.
La formation des musiciens de cuivre en Grand-Bretagne

Jusque dans les années 50, la plupart des jeunes Anglais apprenaient à jouer d’un instrument de cuivre en joignant les rangs d’un des nombreux brass bands amateurs du pays. Une bonne partie agissent encore ainsi aujourd’hui. L’enseignement qu’ils y reçoivent va du meilleur au pire. Mais il existe aussi depuis toujours des professeurs — répartis irrégulièrement à travers le pays — qui enseignent les cuivres en privé, et de nombreuses écoles privées emploient des professeurs depuis des années.

Durant les 30 dernières années toutefois, de plus en plus de jeunes ont appris à jouer au sein même de l’école qu’ils fréquentent, avec des professeurs ambulants et sur des instruments prêtés par l’école. Chaque établissement a sa fanfare et ses orchestres de genres divers, si bien que les élèves ont l’embarras du choix une fois les techniques de base acquises. Ils peuvent bien entendu aussi jouer dans des fanfares ou orchestres amateurs en dehors de l’école.

S’ils désirent continuer à prendre des cours après avoir quitté l’école, ils s’inscriront alors dans une école de musique. Il n’y a donc pas eu grand changement au cours de ce siècle, si ce n’est une formidable expansion.

Désireux d’en savoir plus sur les conditions dans lesquelles les jeunes apprennent à jouer d’un instrument de cuivre, je me suis adressé à John Edney, l’un des deux responsables pour les cuivres de l’Inner London Education Authority (ILEA) et à Harold Nash, président de la commission des cuivres à la Royal Academy of Music et premier trombone au Royal Opera House, Covent Garden.

John Edney est allé à l’école à Londres. Il commença le trombone à l’âge de 13 ans, mais l’abandonna quelques temps pour le cor, puis la trompette. Il fut membre du London Schools Symphony Orchestra dès sa fondation en 1951. Après ses études musicales au Trinity College of Music, il joua successivement avec le Band of the Grenadier Guards, le Festival Ballet, le BBC Scottish Orchestra et le Royal Opera House Orchestra après une période comme free-lance. Il est à l’ILEA — à temps partiel — depuis 1970, et continue de jouer en tant que free-lance avec quelques orchestres de chambre londoniens de renom.

Harold Nash commença à jouer avec la fanfare de l’Armée du Salut au Pays de Galles. Après un essai peu concluant au cor ténor, il se mit au trombone avec beaucoup plus de réussite, puisqu’il gagna même une bourse pour étudier à la Royal Academy of Music avec pour professeur Sydney Langston. Celui-ci lui permit d’entrer par la suite au Royal Philharmonic Orchestra. Il joua ensuite avec le Sadler’s Well Opera, puis entra, en 1956, au Royal Opera House où il joue encore aujourd’hui. Il succéda à Sydney Langston comme professeur de trombone à la Royal Academy en 1973 et depuis, cette institution a subi de considérables changements au niveau de la structure et des programmes d’études.

Dans les grandes lignes, ILEA et la Royal Academy sont représentatifs de ce qui se fait dans les écoles de musique en général, l’ILEA étant toutefois depuis longtemps plus généreux que la plupart des autorités locales. (Mais ceci risque fort de changer avec le projet de réforme du gouvernement Thatcher concernant la ville de Londres, car ILEA est une des cibles les plus visées. Il est possible que cet article soit très bientôt de l’histoire ancienne, empreint de nostalgie!)

John Edney et son collègue Michael Hinton supervisent le travail d’environ 320 professeurs ambulants enseignant les cuivres dans les écoles primaires et secondaires de Londres. Ces professeurs — tous musiciens professionnels à Londres — ne peuvent pas enseigner plus de dix heures par semaine et la plupart en font beaucoup moins. Certains n’enseignent que leur instrument, mais la majorité enseignent tous les cuivres.

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Brass Bulletin 54, / 1986 pages 48–59

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