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Harry James (1916-1983)

Young Man With A Horn

Entre virtuosité jazz et spectacle populaire, Harry James fit de la trompette une voix grand public sans perdre le respect de nombreux musiciens classiques.
Harry James (1916-1983)

Harry James

Un rideau s’écarte et laisse paraître un pavillon de trompette d’où jaillissent des notes de braise... C’est Harry James. Toute une génération d’auditeurs et de trompettistes garderont longtemps le souvenir de celui qui les initia aux charmes de la «trompette concertante», voire même au jazz. Pour ce genre musical, il y a des créateurs, et des «vulgarisateurs» (sans notion péjorative), chacun ayant son rôle essentiel. Si Harry sut assimiler le jazz, il s’imposera surtout comme vedette à la tête de son propre orchestre, distillant une forme d’expression très séduisante et accessible au goût du public blanc.

Harry, né en Géorgie en 1916, est issu d’une famille de musiciens. Ainsi, son père Everette James (originaire de New Orleans), musicien de cirque, le fait débuter très jeune la batterie, puis à la trompette (à 10 ans). Il semble qu’Harry James appartienne à cette génération qui ne passa pas par l’étape du cornet à pistons. Son père se fixe à Beaumont, dans le Texas, où il enseigne dans les écoles et donne des leçons privées de musique. C’est là qu’Harry devient d’abord la «star» de l’orchestre de son lycée. Bien qu’Everette orienta l’enseignement au fils prodige dans l’espoir d’une carrière «classique», le «jeune homme à la trompette» se laisse attirer par le jazz. En 1931, Louis Armstrong brûle les planches et donne à la trompette son véritable épanouissement. En cette année-là, Harry joue dans divers orchestres locaux, et notamment pour le violoniste Joe Gill qui le fait voyager jusqu’à la Nouvelle Orléans. En 1932, il est professionnel et s’oriente définitivement vers la musique de danse et le jazz. Son premier engagement dans un orchestre connu se situe en 1935: en effet, le batteur Ben Pollack remarque ce phénomène venu du Texas. Harry reste chez Pollack pendant un an et grave grâce à lui ses premiers soli («Deep Elm»). Mais, ce qui le fait connaître du grand public, c’est son engagement dans l’orchestre très en vogue du clarinettiste Benny Goodman (janvier 1937 à décembre 1938). La section de trompettes est l’une des plus célèbres de l’histoire du jazz et des variétés: Harry James, Ziggy Elman et Chris Griffin! En 1937, les Noirs Lionel Hampton et Teddy Wilson le convient à des séances où il se montre excellent jazzman, très proche du language Noir¹. Le 16 janvier 1938, il participe au fabuleux concert de Goodman à Carnegie Hall. Qui ne connaît les traits virtuoses de Harry sur «Sing Sing Sing»? Malgré le talent d’un «Bunny» Berigan, son plus sérieux rival, Harry grimpe vers les sommets, et en 1939 il est classé premier à tous les referendums. Ceci l’amène à enregistrer le 11 janvier 1939 avec les Metronome All Stars destinés à regrouper les mieux «classés» par les lecteurs de la revue «Metronome»: Bunny Berigan, Sonny Dunham, Harry James aux trompettes, Tommy Dorsey et Jack Teagarden aux trombones! Toute une époque où les syncopes sont maîtrisées par les plus grands virtuoses des cuivres, tous genres confondus: la golden era! Cependant, Harry James reste lucide, et le batteur Jo Jones raconte: «lors d’un referendum organisé par un grand journal (Down Beat), on avait offert l’oscar à Harry James. Il l’a tout bonnement refusé en disant: «reprenez ça et donnez-le à Louis Armstrong».

En 1939, Harry regarde un peu ailleurs; il enregistre «Ciribiribin» où on trouve l’influence du jazz dans le phrasé, couplée à des traits quasi «classiques» (Ex. 1).

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Brass Bulletin 45, I / 1984 pages 14–17

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