Brass Bulletin 41, I / 1983 page 16–19 · 6 min. de lecture

L'attaque

La précision naît souvent d'un geste plus simple, pas d'un effort supplémentaire, une idée que Louis Davidson place au cœur du jeu de trompette avec des conséquences très concrètes.
L'attaque

Tous les aspects du jeu de la trompette sont inextricablement liés à l’attaque, il est donc logique de traiter ce sujet en premier.

L’importance d’une bonne attaque ne sera jamais assez soulignée. Qu’il s’agisse d’un son coulé ou détaché, d’une note aiguë ou grave, d’un fortissimo ou d’un pianissimo, tout commence avec cette première phase: l’attaque. C’est la technique qui doit être, en priorité la plus naturelle et la plus simple; attaquer doit devenir une action réflexe comme respirer ou marcher. Ceci peut être relativement rapidement acquis en se disant bien une fois pour toute que, moins il y aura d’hésitation et de préparation avant d’attaquer une note (aiguë ou grave, forte ou piano), plus cette attaque sera naturelle et sûre. Avant de respirer en vue d’attaquer, les lèvres devraient, un court instant, adopter une position de repos complet pour éviter toute tendance, consciente ou non, d’anticiper la tension des lèvres pour la note spécifique à attaquer.

Une bonne attaque par définition est celle où la note jaillit librement, sans hésitation, sans forcer, avec une sonorité pure et une présence immédiate, sans trace de sifflement ni de cassure. Pour arriver à ce résultat il faut réussir à coordonner et synchroniser les 3 éléments de base de l’attaque, les lèvres, la langue et le souffle. Il suffit qu’un de ces trois éléments ne soit pas coordonné aux deux autres pour que l’attaque soit mauvaise.

Le point de contact avec la langue varie légèrement d’un musicien à l’autre, mais se situe généralement à la jonction des dents de la mâchoire supérieure avec les gencives. La langue ne devrait jamais être fixe à ce point de contact avant la détente pour attaquer; elle devrait être utilisée plutôt comme la baguette du timbalier, le mouvement descendant et ascendant de la baguette correspondant au mouvement aller-retour de la langue. Ce n’est pas le mouvement «aller» qui permet d’émettre la note, mais bien plutôt la rétraction de la langue, qui laisse passer l’air et active la vibration des lèvres.

Bien qu’il y ait quelques excellents trompettistes qui attaquent entre les dents, ils sont l’exception plutôt que la règle. La position de la langue en rétraction est différente avec chacune des trois syllabes «taa», «too», «tee» (correspondant au registre grave, moyen, aigu). Avec «taa», la langue va s’arquer en coupe dans la partie inférieure de la bouche, avec «too», la langue s’aplatit au centre de la bouche et avec «tee», elle s’arque en voûte dans la partie supérieure de la bouche. Ceci dit en passant, pour rassurer les joueurs qui pourraient se demander s’il est correct d’avoir différentes positions de la langue en rétraction. Le plus important, c’est que le point de contact de la langue reste le même, quels que soient le registre (aigu ou grave), le volume (forte ou piano), ou le degré d’articulation (puissant ou doux).

Les étapes de la synchronisation parfaite d’une attaque (coordination des 3 éléments de base de l’attaque, la respiration, la langue, les lèvres) doivent être travaillées d’abord sans embouchure ni trompette. Lorsqu’un certain naturel est acquis de cette manière, on peut alors commencer à exercer les attaque avec l’embouchure seule. Pour souligner une fois encore l’importance du facteur de synchronisation de l’attaque, les étapes suivantes doivent être très strictement observées:

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