Paolo Longinotti, Studies in Classical and Modern Style by I.M.C. in New York.
Edmond Leloir, Dix Etudes pour le cor en Fa G. Billaudot, Paris 1981)
La photocopie
Avec l’invention des appareils à photocopier s’est développée une nouvelle forme de pillage. La copie rapide, bon marché d’une partition imprimée. Cette pratique illégale est aujourd’hui largement répandue dans le monde, au grand dam des éditeurs. Ces derniers se défendent essentiellement en intentant des procès «pour l’exemple» (au demeurant fort coûteux pour ceux qui sont condamnés).¹
Certains conservatoires poussent le mépris de la loi encore plus loin en mettant froidement une machine à photocopier à la disposition des professeurs et des élèves. On peut se poser la question pourquoi ces institutions musicales respectent si peu le travail des compositeurs ou pédagogues dont ils sont souvent eux-mêmes les employeurs... Lorsqu’on demande une explication, il est généralement répondu que les éditeurs pratiquent des prix surfaits. Si certains éditeurs paraissent effectivement gonfler anormalement leurs prix, il n’appartient pas aux institutions publiques de juger, et encore moins de commettre un acte illégal en guise de «punition». En photocopiant une partition, on lui reconnaît implicitement une valeur. Cette valeur a été créée par une personne (l’auteur) et réalisée, diffusée, commercialisée par une maison d’édition. Est-il correct d’ignorer le travail et l’investissement consenti? La conscience de chacun répondra d’une façon plus ou moins nuancée à cette question. Comme pour tous les délits, il existe des nuances dans la gravité effective du vol par photocopie.
Un exemple typique
Il y a quelques années, un tromboniste suisse (connaissant parfaitement le caractère illégal de la photocopie de partitions de musique protégées par le copyright) préparait, comme d’habitude, un cours musical destiné à des cuivres amateurs. Il commande donc à choix un certain nombre de partitions et de cahiers d’études dans un magasin spécialisé.
Après quelques jours, qu’elle n’est pas la surprise des responsables de ce magasin de recevoir un colis imposant contenant des centaines de pages de photocopies «musicales» extraites de ce choix de cahiers.
Son épouse avait inversé les étiquettes d’expédition... Le retour du «choix» révélait ironiquement le pot-aux-roses!