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Lauri Ojala
Virtuose finlandais de la trompette
Par Timo Mäkinen
Lauri Ojala
Lauri Fritjof Ojala est une figure quasi légendaire pour les musiciens de son pays. Sa trompette a séduit les mélomanes durant des décennies, tandis que sa notoriété s’étendait à l’étranger.
Il est né à Kaustinen, le 22 septembre 1918. Son père était très connu comme musicien populaire, et c’est tout naturellement qu’il suivit ses traces en apprenant d’abord le «Kannel» (sorte de zither), puis le violon (populaire). «Lasse» comme l’appelle familièrement ses amis, suivit la filière traditionnelle: à 14 ans, il entre à l’Ecole de musique militaire du régiment de Uudenmaa et, dès 1932, le Conservatoire d’Helsinki (le violon avec Arvo Hannikainen et la trompette avec Vilho Pynnönen). Il termine ses études en 1938 avec les plus brillants diplômes, fait son service militaire et rejoint bientôt la Fanfare militaire du Régiment de Pori. Mais la guerre a éclaté! En 1939, il est appelé au front, mais passe rapidement dans les troupes de divertissement chargées de réconforter le moral des soldats. Il jouait (y compris sur les ondes de Radio Karélie) les fantaisies brillantes de Hoch ou de Glickman. En 1944, passées ces terribles années, la carrière de Lauri Ojala allait enfin pouvoir prendre forme.
1933 - Ecole de Musique militaire
1936 - La clé de Sol sur l’uniforme
Ascension rapide
Comme pour tous les sur-doués, les étapes jusqu’au sommet se succèdent très rapidement. On l’engage «sans audition» comme trompette solo à l’Orchestre de Turku (2ᵉ ville de Finlande). C’est sa première expérience dans un orchestre symphonique. A peine quelques semaines plus tard, c’est déjà une séance épique d’audition pour la place devenue vacante à la suite du décès de Vilho Pynnönen de soliste à la Philharmonie d’Helsinki. Trois candidats restent en lice et se battent à coups de «Fantasy» de Cords, de Concerto de Haydn, de traits d’orchestre de Wagner, Sibelius, etc.
– Au troisième tour, pour les traits d’orchestre, j’étais dans mes petits souliers, je n’avais jamais encore transposé. Par bonheur, ce bon Holger Fransman, à l’époque cor solo de l’orchestre, se tenait debout à mes côtés et me soufflait: «Deux degrés et demi plus haut! Un ton plus bas!» Quelle histoire! Je suis resté ex aequo avec un candidat et chacun fut invité à jouer six mois à l’essai à l’orchestre... J’y restai comme soliste durant 34 ans, jusqu’en 1977.
Deux événements vont couronner le talent de Lauri Ojala: en 1947, il obtient le second prix (il n’y eut pas de 1ᵉʳ prix) de trompette au concours international d’exécution musicale de Genève (dans le jury, on trouve Henri Gagnebin, Karl Schuricht, Conrad Beck, etc.). En 1963, on lui fait des appels du pied pour le poste de trompette solo des Wiener Symphoniker.
Brass Bulletin 53, I / 1986 pages 40–48
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