Brass Bulletin 39, III / 1982 (page 53–58) · 5 min. de lecture
Tout le contenu est protégé par le droit d’auteur © Brass Bulletin 1982–2026

Jean-Baptiste Prin (1669-1742)

Virtuose de la trompette marine

À travers un instrument aujourd’hui oublié apparaît un patrimoine inattendu de musique pour trompette, qui renouvelle le regard sur le répertoire baroque.
Jean-Baptiste Prin (1669-1742)

La Trompette marine

L’importance de son œuvre en tant que collectionneur et compositeur pour les trompettistes d’aujourd’hui.

Ce qui m’a conduit à entreprendre une étude sur J. B. Prin est un enregistrement par Guy Touvron (trompette), Wolfgang Karius (orgue) et Nicholas Bardach (timbales) d’une suite intitulée «L’Echo de Psyché» d’après des pièces de ce compositeur (Schwann VMS 2070 LC).

Nous savons peu de chose de l’homme. Prin naquit en Angleterre en 1669 et mourut à Strasbourg après 1742. Il se produisit comme danseur à Paris et à Lyon après 1698. Il était surtout connu comme virtuose de la trompette marine. Il légua sa collection de musique, ainsi que son instrument, à la ville de Lyon.

Un article sur la trompette marine serait évidemment déplacé dans un magazine pour cuivres. En y regardant de plus près, cependant, on peut constater une chose très intéressante pour nous trompettistes: le legs musical de Prin consiste essentiellement en une collection d’œuvres originales pour trompette.

Or, pour bien comprendre pourquoi Prin a collectionné et arrangé des œuvres originales pour trompette de différentes provenances, il nous faut d’abord examiner brièvement la trompette marine. Un contemporain de Prin, l’Allemand Johann Gottfried Walter, la décrit ainsi:

«Un instrument de musique constitué de trois planches et, comme un triangle, très largement ouvert à la base, mais se rétrécissant en un col long et étroit… Il ne comporte qu’une grosse corde de boyau au haut de laquelle se manie l’archet et que l’exécutant arrête dans certains passages avec le pouce gauche, si bien qu’il résonne comme une trompette, mais plus doux et plus agréable» (Johann Gottfried Walter: Musikalisches Lexikon…, Leipzig 1732, facsimilé publié par R. Schaal, Kassel et Bâle 1953, dans Documenta musicologica, Série 1, vol. 3, p. 619).

A la figure 2, on peut voir que le chevalet était en forme de sabot. Il n’était fixé que d’un côté (a), tandis que l’extrémité libre (b) martelait rapidement la table d’harmonie de l’instrument lorsque la corde vibrait, ce qui provoquait un son éclatant. L’unique corde était accordée au Do ou au Ré et devait être doigtée de façon à produire les harmoniques. On ne pouvait donc produire que les notes de la série harmonique naturelle, dans le même registre et avec le même choix de notes que les trompettes naturelles de l’époque. Ce sont là toutes les informations dont nous avons besoin.

Lire la suite

Accédez à l’intégralité des archives numérisées de Brass Bulletin • CHF 5.– / mois · sans engagement

Partager cet article

Facebook LinkedIn
Loading…

Recherchez dans les archives de Brass Bulletin.