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Musique ancienne pour trompette à Schwerin

Musique ancienne pour trompette à Schwerin

Cet article s’est inspiré des intéressants articles et des listes précieuses écrits et établis par David Whitwell, parus dans The Instrumentalist au cours de ces dix dernières années. Durant cette période, les chercheurs ont fait un grand travail pour cataloguer la musique ancienne pour trompette, et deux bibliographies importantes, faisant ressortir la musique pour trompette solo, ont été publiées (Don Smithers: Music and History of the Baroque Trumpet before 1721, et Detlef Altenburg: Untersuchungen zur Geschichte der Trompete im Zeitalter der Clarinblaskunst (1500–1800)). Alors même qu’on a découvert et catalogué de nombreuses œuvres, certaines collections ont été négligées. Tel est le cas de la musique pour trompette de la Mecklenburgische Landesbibliothek de Schwerin.

Toutes les œuvres figurant dans la liste suivante sont manuscrites (à moins d’une autre indication), et la plupart d’entre elles ont une origine allant du milieu du XVIIIe siècle jusqu’au début du XIXe. Bien des pièces se situent clairement parmi les premières compositions pour orchestre à vents. L’utilisation de la trompette s’étend sur toute la gamme, depuis les parties pour soliste virtuose jusqu’aux simples parties soulignant les rythmes et les cadences. La trompette avait atteint ses plus grandes prouesses techniques aux environs de 1760 mais, par contre, souffrait de ce que les historiens ont généralement appelé un «déclin» sur le plan de la technique d’exécution. Ce «déclin» peut être attribué à plusieurs facteurs, incluant l’accord tempéré égal, avec la possibilité nouvelle de moduler fréquemment dans diverses tonalités au sein d’une seule et même œuvre. Mais peut-être la raison essentielle de ce «déclin» réside-t-elle dans le changement de hiérarchie sociale de l’Europe du XVIIIe siècle, et avec lui, dans le changement du climat socio-musical dans lequel évoluaient les trompettistes.

Marche de la Garde à pied de Jomelli (Schwerin 3009)

Marche de la Garde à pied de Jomelli (Schwerin 3009)

Les chercheurs contemporains ont concentré leurs études sur les œuvres solistiques et orchestrales avec trompettes et, pour cette raison, la liste suivante pourra paraître un peu surprenante. Il semble que les trompettes et les cors étaient fréquemment utilisés avec d’autres instruments. Les wind bands (ensembles à vent) existaient déjà en Angleterre et en France. Il semble que les souffleurs anglais faisant partie de la King’s Musick (16 trompettes, timbales, chalumeaux, cornets à bouquin, trombones) ne jouaient jamais en un groupe à part. Il semble également que Louis XIV entretint peut-être le premier ensemble à vents organisé dans les dernières décennies du XVIIe siècle. Denner «inventa» en 1690 ce que nous connaissons maintenant comme la clarinette moderne, et cela ouvrit la voie aux nombreuses combinaisons instrumentales trouvées dans la liste actuelle des premiers manuscrits pour ensembles à vents.

En 1763, Frédéric le Grand établit l’«harmonie» de l’armée prussienne, avec 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors et 2 bassons. David Whitwell avait déjà attiré l’attention sur les œuvres de Haydn et de Mozart écrites pour ensembles à vents mixtes (voir: A New History of Wind Music, publié par The Instrumentalist, 1972). Ce qui allait finalement se produire au début du XIXe siècle, et trouver son apogée dans la standardisation de notre instrumentation contemporaine des «harmonies», se remarque dans trois éléments de base. Il est vrai que chacun d’eux se produisit en même temps et s’étendit sur une période de plusieurs années. Premièrement, les petits cuivres étaient rendus chromatiques — finalement et avec succès — par l’utilisation des pistons et des barillets rotatifs. Deuxièmement, la «révolution industrielle» entraîna la création de manufactures d’instruments, qui créaient de nombreux modèles nouveaux et développaient des familles complètes d’instruments. Troisièmement, l’habitude de doubler les parties, une fois les familles d’instruments constituées, permit aux chefs d’«harmonies» de promouvoir leurs conceptions personnelles de l’instrumentation et d’influencer la standardisation de ce que nous appelons l’«harmonie» moderne de concert (il faut évidemment comprendre cela en termes généraux, étant donné qu’il se produit toujours de nouveaux changements).

Illustration tirée du Manuel Général de Musique Militaire (Paris, 1848) de Georges Kastner, montrant le développement de...

Illustration tirée du Manuel Général de Musique Militaire (Paris, 1848) de Georges Kastner, montrant le développement de familles de cuivres homogènes. Ce fut la porte ouverte à une écriture nouvelle (plus fournie également) pour orchestres de cuivres et permit de passer à un nouveau style de jeu différent du style traditionnel de trompette.

Avec sa capacité à jouer chromatique et à donner un grand volume, le cuivre soprano (devenu le cornet) devint le «maître instrument» de l’orchestre. Le principe de l’instrumentation de la trompette dans l’orchestre, avec ses ressources tonales limitées, allait devenir une tradition fermement établie par Haydn et Mozart. Ce style de trompette n’allait devenir que lentement plus audacieux, tandis que le style «cornet» entra dans sa nouvelle fonction plus rapidement.

Toute personne s’intéressant à l’obtention de microfilms des œuvres citées devra s’adresser à la Mecklenburgische Landesbibliothek, Musikabteilung, Am Dom 2, DDR–27 Schwerin.

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Brass Bulletin 23, III / 1978 pages 35–40

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