Brass Bulletin 37, I / 1982 page 79–81 · 2 min. de lecture

Concours international de Genève CIEM 1981

Courrier des lecteurs

Concours international de Genève CIEM 1981

C'est avec intérêt que j'ai lu dans le numéro 36 de Brass Bulletin vos commentaires sur le Concours International de Genève 1981 (rubrique Trompette) et j'aimerais apporter ici quelques éléments de réponses.

Vous posez, dans votre éditorial, quelques questions pertinentes :

  1. Les membres du jury de tels concours ont-ils la capacité de découvrir de nouveaux talents ?

D'après mon expérience, en tant que membre du jury, les trompettistes qui ont été invités à jouer ce rôle ont certainement la compétence nécessaire pour reconnaître un nouveau talent. Parfois, cependant, il a pu arriver qu'une préférence pour une école nationale particulière influençât le jugement d'un membre du jury. Mais cet enthousiasme trouve habituellement sa contre-partie à un autre moment du concours. Quant aux membres du jury qui n'étaient pas trompettistes, je les ai généralement trouvés très bien disposés et prenant leurs responsabilités très au sérieux.

  1. Les organismes qui contrôlent ces concours sont-ils trop conservateurs ?

Il est certain que, dans le cas de Genève et Munich, ils sont peut-être trop soucieux de maintenir le niveau des lauréats à une hauteur peu réaliste (Après tout, un bon vigneron sait bien que tous ses vins ne sont pas aussi excellents d'une année à l'autre, et un trompettiste avec plus ou moins de tannin ou d'acidité se vend quand même bien sur le marché libre !).

Pour résoudre ce problème, il faudrait peut-être que le président du jury exerce une forte pression pour que soit considérée de façon plus libérale la totalité des résultats obtenus par les finalistes pendant l'ensemble du concours (Cela aiderait en particulier lorsqu'un candidat ne répond pas au maximum de ce que l'on attend de lui lors de l'épreuve finale.). Selon moi, il est très regrettable pour toutes les parties (organisateurs, jury et candidats) que l'on ne décerne pas de prix aux finalistes et le maximum devrait être fait pour éviter une telle situation.

Cela m'amène à la question très débattue du répertoire choisi pour le concours de Genève 1981. Le fait d'avoir inclus certaines musiques réellement modernes était, je crois, une innovation audacieuse qui, malheureusement, a manqué en tous points son but. Ce nouvel élément a déséquilibré le reste du programme et a finalement anéanti les chances et les espoirs de plusieurs candidats manifestement excellents, étant donné qu'il accentuait l'endurance au détriment du reste. Et il gâcha inévitablement les exécutions des trois musiciens choisis pour la finale.

Cherchons donc à tout prix à faire exécuter de la nouvelle musique, mais en petite quantité et toujours choisie avec l'aide d'un spécialiste (c'est-à-dire un trompettiste connu dans le domaine de la musique moderne).

De façon générale, en matière de répertoire pour ces concours, je me permettrai de rappeler à tous ceux qui sont responsables de ce choix qu'un trompettiste qui désire réussir jouera essentiellement des œuvres de J.-S. Bach (plus quelques compositeurs mineurs de l'époque baroque), les concertos pour trompette de Haydn et Hummel, certains concertos et solos contemporains très représentatifs, habituellement tirés de son école nationale de composition. En tenant compte de cela, il ne devrait pas être difficile de proposer aux candidats de ces concours des œuvres bien équilibrées.

Enfin, lorsqu'il s'agit de savoir si les concours de trompette sont toujours valables dans les années 80, je répondrai « Oui ». Ils constituent l'un des rares lieux offerts aux jeunes pour se réunir, parler, échanger des idées et assimiler différents styles et manières d'aborder les œuvres pour trompette solo. Tant qu'ils restent vraiment internationaux, ils sont forcément bénéfiques. Mais les organisateurs devraient effectivement réviser certaines de leurs idées et de leurs procédures.

Pour conclure ces réflexions un peu longues, je dirai que, quelque soit le résultat « officiel » du concours de Genève 81, je suis sûr d'y avoir entendu au moins une demi-douzaine de musiciens, de diverses écoles, qui exerceront indubitablement leur influence dans le monde de la trompette d'une manière ou d'une autre.

Philip Jones (Londres, Janvier 1982)

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