Brass Bulletin 33, I / 1981 (page 59–67) · 9 min. de lecture
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Une étude de l'intonation musicale

Partie 2

Par Christopher Leuba

De l’accord fondé sur la série harmonique aux réglages de coulisses du cor, l’écoute des résonances s’impose comme repère plus sûr que le tempérament égal.
Une étude de l'intonation musicale

Dans la première partie de cette étude, nous avons examiné comment se justifie théoriquement l'adhésion à la gamme diatonique juste, plutôt qu'à celle du tempérament égal.

Dans cette seconde partie, nous nous efforcerons de montrer certaines méthodes permettant à l'instrumentiste de mettre en pratique ces notions théoriques.

Le problème initial de l'exécutant est d'apprendre à distinguer les « sonorités d'intonation » et celles caractéristiques de l'instrument. On trouve ici une analogie avec la peinture : la différenciation des relations entre les couleurs par comparaison avec l'effet sur ces relations des divers matériaux employés, c'est-à-dire eau, huile, toile, carton.

Il semble à l'auteur que l'instrumentiste acquerra plus rapidement ces connaissances par la pratique de son instrument qu'en étudiant ces notions dans l'isolement d'une classe de solfège et en essayant ensuite de les appliquer à son instrument.

Il lui faut tout d'abord rechercher le « centre » de chaque note que peut produire l'instrument. On entend par là la fréquence correspondant à la plus grande résonance d'une note donnée. La hauteur dont on peut élever ou abaisser une note avec un doigté donné varie grandement selon l'instrument. Des notes adjacentes répondent souvent de façons très différentes et l'on trouvera fréquemment que l'espacement entre les centres des notes est inégal.

Il est essentiel que l'exécutant apprenne les positions relatives de chaque note sur l'instrument particulier avec lequel il doit jouer¹.

Il peut s'aider pour cela d'un Stroboconn ou de dispositifs analogues, de la façon classique recommandée par le fabricant, puisque le Stroboconn et autres accordeurs stroboscopiques utilisent la gamme également tempérée.

Au moyen d'un tel appareil, l'instrumentiste doit apprendre à connaître le changement de qualité tonale suivant la modification d'une note d'une hauteur définie vers le haut ou vers le bas.

Voici, par exemple, comment un maître pourrait faire travailler son élève sur ce problème. En jouant Ré au-dessous de la clé de Sol (illustration a), actionné avec le premier piston sur le cor en Fa, on obtient souvent une note trop basse.

Pour l'octave au-dessus (illustration b), le doigté habituel est cor en Si bémol 1 & 2, qui donne rarement une note basse. Les octaves ainsi doigtées, quelle que soit la tonalité, provoquent souvent des difficultés.

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Avec un « Strobotuner » positionné sur Sol (note jouée : Ré), le maître peut faire comparer à l'élève les deux Ré, c'est-à-dire les Ré à intervalle d'octave.

En jouant le plus grave, cor en Fa, il peut s'avérer nécessaire d'ouvrir légèrement la main dans le pavillon, de réajuster légèrement au moyen des lèvres ou les deux. Le maître jouerait alors le Ré supérieur en faisant commencer l'élève à l'octave inférieure et jouer celle-ci à la fois à l'unisson avec la note supérieure et volontairement bas, afin qu'il apprenne non seulement la hauteur d'ajustement nécessaire, mais aussi la distinction entre les caractéristiques des relations de cette octave lorsqu'on joue la note inférieure bas ou à l'unisson pur.

Le maître devrait aussi changer de rôle avec l'élève, c'est-à-dire jouer l'octave inférieure pendant que ce dernier joue la note supérieure, tout en écoutant les modifications de qualité. Le maître devrait expliquer à l'élève que, dans ce cas particulier, il faut compenser une note basse sur l'instrument, bien que dans d'autres cas, cela ne soit pas aussi nécessaire.

Bien sûr, lorsque le maître remarque d'autres notes particulières qui sont trop distantes sur l'instrument de l'élève, d'autres octaves plus à l'unisson sur l'instrument seront utilisées comme guides, avec l'aide d'un Strobotuner comme nous l'avons expliqué précédemment².

L'élève devrait préparer, avec l'aide de son maître, un tableau montrant le placement de chaque note sur l'instrument, y compris les doigtés factices (nous en donnons un exemple simple à l'Annexe E, voir BB 34). L'élève préparera un nouveau tableau s'il achète un nouvel instrument, s'il change d'embouchure ou modifie de façon importante sa technique d'exécution.

Le Strobotuner a d'autres applications appropriées à notre sujet. Ceux qui en ont déjà utilisé un (l'auteur fait référence au modèle Conn SR2 « portable », ne montrant qu'une note à la fois bien que le plus grand modèle fonctionne exactement de la même manière) auront remarqué que si l'on positionne l'appareil sur « La », il ne répond pas seulement à cette note, mais aussi assez fortement à plusieurs autres ; on explique habituellement cela en disant que « l'appareil est si sensible » qu'il répond « même aux harmoniques de la note jouée ». Cela n'est, au mieux, qu'une explication partielle et, selon l'auteur, trompeuse.

Pour commencer, l'auteur a été assez surpris de voir que le cor, généralement considéré comme ayant une qualité de son riche en harmoniques, lorsqu'on en jouait devant un micro relié à un oscilloscope³, produisait, en remontant à partir du Do moyen, des ondes sinusoïdales presque parfaites sur l'écran, indiquant une absence d'harmoniques. Dans la gamme située au-dessous du Do moyen, sans tenir compte de la « caractéristique » du cor, on constate la présence d'harmoniques.

Cependant, ces mêmes notes qui produisent des sinusoïdes presque parfaites sur l'oscilloscope donnent, lorsqu'elles sont captées par le micro à cristal pratiquement insensible du Strobotuner, l'indication d'une activité considérable autre que celle de la note jouée. Il faut chercher une autre explication.

En observant attentivement le Strobotuner, on verra que les notes donnant la plus forte réponse pour un positionnement donné se situent dans la série harmonique correspondant à ce positionnement. Par exemple, si l'on positionne l'appareil sur La, il y aura une forte réponse pour Mi (troisième partiel), Do dièse (cinquième partiel), Sol (septième partiel) et Si (neuvième partiel), même si ces notes sont émises par des générateurs de sons sans harmoniques.

Si le Strobotuner est positionné sur La et que l'on joue La49 440,0 cps, la réponse apparaîtra essentiellement sur la bande 4 (cf. schéma ci-après). Les réponses données sur d'autres bandes peuvent indiquer d'autres harmoniques inhérentes à la tonalité de l'instrument, des résonances du local, des résonances de micro auto-induites ou d'autres facteurs.

En maintenant l'appareil sur La et en jouant Mi56 660,0 cps, on obtiendra une réponse principale non pas sur la bande 4 (qui indique l'octave de La49 440,0 cps) ni sur la bande 5 (qui indique La61 880,0 cps), mais plutôt sur la bande 3 qui indique La37 220,0 cps. Il se trouve que c'est le La le plus proche qui puisse générer un Mi56 dans sa série harmonique (comme troisième partiel).

De même, si l'on joue Do dièse53 550,0 cps, la réponse n'apparaît pas sur la bande 4 ou 5, mais sur la bande 2, celle de La25 110,0 cps, la plus proche génératrice de Do dièse comme son cinquième partiel.

De la même façon, Sol47 412,5 cps ne donne pas de réponse sur la bande 3 ou 4, mais plutôt sur la bande 1, celle de La13 55,0 cps, le La le plus proche qui puisse générer Sol47 comme septième partiel de sa série.

Si l'on joue Sol une octave plus haut (Sol59 825,0 cps), la plus forte réponse s'obtient sur la bande 2 (celle de La25 110 cps). La25 est le La le plus proche qui puisse générer Sol59 comme son septième partiel.

Après le schéma de l'indicateur du Strobotuner, nous donnons des exemples montrant les relations de diverses notes avec la série de La qui les générerait (illustration c).

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