Brass Bulletin 13, I / 1976 (page 35–43) · 5 min. de lecture
Tout le contenu est protégé par le droit d’auteur © Brass Bulletin 1976–2026

Développement du registre extrême grave du trombone

Faut-il vraiment baisser la mâchoire pour le grave ? James Fulkerson remet en cause ce principe et propose une approche plus stable pour étendre le registre.

Lorsqu’on travaille le registre extrême grave, il nous est habituellement dit d’entrouvrir la mâchoire à mesure que l’on descend. Ce mouvement est effectivement correct, mais la plupart des musiciens l’exagèrent. Certains ouvrent même tellement la mâchoire que les lèvres perdent contact et cessent de vibrer. C’est là que se situe la limite de leur tessiture personnelle. Avant cette limite, le son aura par ailleurs déjà perdu sa consistance et son noyau. Inutile de dire qu’il ne portera plus.

Bien des trombonistes, et même des trombones basse réputés, prétendent que pour bien sortir les notes pédales de l’extrême grave (par ex. en partant du Si♭ ou Sol♭) il faut déplacer la «pince» (anglais: embouchure) sur la lèvre supérieure. Évidemment, ce mouvement ne peut se faire qu’avec un certain réajustement de la pince. On peut, il est vrai, développer cette technique de double position jusqu’à un certain point, mais je pense que ce n’est pas la solution idéale.

Je trouve qu’en déplaçant la pression de l’embouchure sur la lèvre inférieure et sur la mâchoire plutôt que de penser à entrouvrir la mâchoire, l’instrumentiste est en mesure de jouer le grave de son instrument au lieu de s’y «effondrer». La mâchoire s’entrouvrira toujours un peu, mais sans exagération. Avec une seule pince, on pourra descendre jusqu’au Si♭ contre-pédale ou même plus bas. Grâce à cette technique, la mâchoire inférieure est peu à peu fortifiée et peut ainsi aider à supporter le jeu dans les registres aigus et graves tout en augmentant l’endurance.

Pour le musicien qui s’inquiéterait de perdre ainsi de la substance sonore, je dirais simplement que la forme de la cavité buccale n’a pas besoin d’être changée. Pour obtenir la substance sonore désirée, on peut employer n’importe quelle syllabe, dans n’importe quel registre. De plus, la vitesse du flux d’air est un facteur déterminant pour la sonorité. Lewis van Haney, à ce sujet, a trouvé un excellent parallèle: froid, sec (rapide) — chaud, humide (lent). Cette «gamme» particulière offre un excellent moyen pour créer des sonorités adaptées à des passages musicaux différents.

Certains joueurs sont troublés par le problème que l’on dit rencontrer lorsqu’on veut jouer fort dans le registre grave. En employant un flux d’air par trop rapide (et pas assez d’air en quantité), le son se fêle ou se désagrège. En pensant à la «gamme» de Van Haney, on peut substituer un flux plus lent et le son restera plein.

Lire la suite

Accédez à l’intégralité des archives numérisées de Brass Bulletin • CHF 5.– / mois · sans engagement

Partager cet article

Facebook LinkedIn
Loading…