L’improvisation collective dans l’enseignement instrumental avec différents instruments
Par Roland Böckle
La plupart des gens s’imaginent que le but de l’enseignement instrumental consiste à pouvoir faire jouer quelqu’un le mieux possible dans le plus bref délai. Cette conception s’inculque différemment selon les instruments. Avec les instruments classiques, comme par exemple la trompette ou le piano, la notion de «jeu correct» est transmise par le musicien professionnel et par la littérature qu’il joue (en général de la musique classique au XIXe siècle). Les musiciens de cuivre s’orientent également sur la littérature que jouent les petites formations, les harmonies ou les fanfares.
Est-ce suffisant? A-t-on atteint tous les buts de l’enseignement instrumental en ne faisant qu’exécuter correctement les œuvres écrites dont on dispose (quels qu’en soient le style ou la qualité)?
Ces questions restent sans réponses si on ne les place pas dans un contexte plus large, à savoir: quel est, dans la réalité actuelle, le but de l’enseignement de la musique et, dans cette perspective, quel rôle peut-on tenir en jouant d’un instrument? Avec l’avènement des mass media, la jeunesse entend de la musique surtout en dehors de l’école et de l’enseignement instrumental. Elle peut s’imprégner de la musique de toutes les époques, de tous les peuples et de toutes les couches sociales, non seulement par la radio ou par les disques, mais surtout aussi par la télévision, là sous les formes les plus diverses. On devrait donc pouvoir dire que le but de l’enseignement de la musique est d’offrir à l’élève les moyens de choisir parmi les musiques qui lui sont offertes et de pouvoir se servir de celle qu’il s’est choisie pour sa satisfaction et pour ses besoins personnels.
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