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Réminiscences des cylindres rotatifs modifiés
Curiosités brevetées ou chances manquées?*
Par Günter Dullat
Curiosités brevetées ou chances manquées? ¹
Dans le contexte de la préparation du manuscrit d’un livre spécialisé sur la facture des instruments de cuivre ² j’ai, par la force des choses, eu à consulter de très nombreux dépôts de brevets allemands et étrangers. De cette masse de documents concernant les cuivres, j’ai extrait quelques exemples typiques de textes qui présentent des améliorations qui allaient, pour la plupart, dans une direction nettement différente de celle qu’a prise l’évolution technologique réelle. Bien qu’il s’agissent essentiellement d’inventions qui n’ont pas réussi à s’imposer dans la pratique de la facture des instruments de cuivre, elles témoignent paradoxalement fort bien quelles idées poursuivaient les facteurs, les solistes et les amateurs de l’époque pour que la maîtrise instrumentale soit facilitée. Dans ce qui suit, nous ne présentons que les mécanismes d’articulations consignés dans les archives de brevets allemands.
C.W. Moritz
Dispositif pour cylindre rotatif d’instrument de cuivre
Pat. 176 - (1877)
Ce brevet est le premier qui concerne les instruments de cuivre qui soit inscrit au Bureau impérial des brevets nouvellement créé le 1ᵉʳ juillet 1877.
L’essentiel de cette innovation consiste en une formule mécanique d’articulation différente des précédentes. Alors qu’habituellement un poussoir servait à transmettre le mouvement du bouton vers le haut du cylindre, ce dernier était dans ce cas actionné par un segment de roue dentée.
Les illustrations montrent dans le détail:
fig. 1 une coupe du cylindre
fig. 2 une vue d’en haut
fig. 3 une vue de profil avec boîtier complet, poussoir et segment de roue dentée
fig. 4 vue d’en haut d’une partie du poussoir avec ressort
figs. 5+6 une trompette munie du nouveau dispositif
C.W. Moritz, Dispositif pour cylindre rotatif d’instrument de cuivre, Pat. 176 - (1877)
Voici une partie du texte descriptif du brevet:
En comparaison des constructions usuelles avec levier et poussoir, cette nouveauté présente l’avantage essentiel que la course du levier k est sensiblement réduite et qu’en raison du nombre restreint d’éléments articulés, les mouvements sont allégés et les réparations limitées.
C.W. Moritz
Innovation pour les cylindres rotatifs des instruments de cuivre
Brevet N° 11511 - (1880)
Ce document prétend présenter une alternative au souhait depuis longtemps formulé de maintenir aussi courte que possible la course du levier d’actionnement du cylindre, avec une résistance de pression minimale. Comme pour le brevet précédent, le poussoir traditionnel est abandonné. Il fallait donc forcément placer tout le mécanisme directement au-dessus du cylindre et le pourvoir d’un levier à l’équerre.
Les fig. 1 à 3 et 4 à 5 montrent chacune deux propositions. Les fig. 6 et 7 présentent le nouveau mécanisme dans son application avec des pistons.
C.W. Moritz, Innovation pour les cylindres rotatifs des instruments de cuivre, Brevet N° 11511 - (1880)
Tandis que les mécanismes usuels de ce genre de cylindres cherchaient à prendre la position la plus élevée dans le but d’effectuer le changement d’orientation des canaux de passage de l’air et devaient s’actionner directement sur le cylindre, les fig. 6 et 7 montrent un mécanisme au moyen duquel le cylindre est fondamentalement en position baissée. En changeant les canaux, le cylindre, lorsqu’on pèse sur le bouton a du levier b, prend une position haute. Il faut évidemment inverser les trous des cylindres par rapport à ce qui se faisait jusqu’ici.
M.C.R. Andorff
Cylindre rotatif pour instruments de cuivre
Brevet N° 51630 - (1889)
Cette innovation présente une formule bâtarde entre les systèmes déjà connus du piston et du cylindre. Tandis que ce dernier était gardé comme base de conception, le mouvement rotatif axial était remplacé par une sorte de vis axiale. En pesant sur la palette, cet élément était abaissé et tournait simultanément le cylindre de 90°. Un ressort incorporé remettait automatiquement la palette en place lorsqu’on la lâchait.
M.C.R. Andorff, Cylindre rotatif pour instruments de cuivre, Brevet N° 51630 - (1889)
Descriptif du brevet:
Un cylindre rotatif pour instruments de cuivre caractérisé par un pas de vis inscrit dans l’axe du cylindre (s) en relation avec le pas-de-vis non-rotatif (e) du bouton de pression (d), lequel est retenu par un ressort (f) et provoque la rotation du cylindre lorsqu’on l’actionne.
Brass Bulletin 58, II / 1987 pages 18–28
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