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Brass Bulletin 45, I / 1984 page 31–33 · 3 min. de lecture

Le trombone polyphonique

Suggestions de système de notation

Le trombone polyphonique

De nos jours, les compositeurs ont tendance à traiter les instruments purement mélodiques de manière polyphonique. En ce qui concerne les cuivres, cela ne signifie pas tant ce que l’on nomme multiphonie, mais plutôt un effort pour différencier les différentes composantes de la production du son de telle sorte que, dans le cadre de ce qui est en fait une monophonie, apparaisse une ligne polyphonique. Pour trouver un exemple très simple de cette différenciation, nul n’est besoin de chercher plus loin que l’usage rythmiquement indépendant de deux différents types de vibrato (lèvres + coulisse ou coulisse + diaphragme). Si cette sorte de combinaison ne se produit que de façon occasionnelle, il n’est pas difficile de l’indiquer au moyen de compléments apportés à la notation standard. La situation change, cependant, lorsqu’une utilisation intentionnelle et continue de combinaisons polyphoniques devient la base de la composition et, par conséquent, aussi de l’exécution.

Un système de notation spécial devient indispensable dès que l’émission des partiels et le déplacement de la coulisse s’avèrent nécessaires pour produire, du point de vue rythmique, deux parties distinctes. Si l’on ne peut pas prévoir les positions particulières de coulisse correspondant aux différents harmoniques joués, on ne peut pas noter les hauteurs absolues. Les deux composantes de la production du son doivent donc rester entièrement séparées. Nous suggérons le système de notation suivant:

A) Pour la coulisse, introduction d’une portée de trois lignes sur lesquelles peuvent être montrées les positions et changements de positions de la coulisse d’une façon rythmiquement déterminée (ou graphiquement expressive). Grâce à l’emploi de la barre transversale (/) pour indiquer le glissando, il devient possible de distinguer entre mouvement rapide «normal» et transition continue. Si les barillets doivent être utilisés séparément de la coulisse, cela apparaîtra sur une ligne supplémentaire pointée au-dessous de cette portée¹. (Ex. 1)

Exemple 1

Exemple 1

B) La portée des partiels se trouve au-dessous de celle de la coulisse. Il est bon de conserver la portée standard à cinq lignes, mais de ne l’utiliser que pour inscrire les relations de partiels. Comme solution standard, je suggère de commencer par la pédale Si♭ et d’inscrire les partiels sur la portée de telle façon que le huitième partiel au-dessus de la pédale Si♭ (c’est-à-dire de Do médium en clé de Sol) se place sur la ligne qui est normalement celle du Do de la clé d’Ut 4ᵉ ligne. Cette procédure sera indiquée par une clef d’Ut quatrième ligne renversée; en outre, pour montrer que cela n’indique qu’une hauteur relative, qui dépend de la position de la coulisse, on utilise des notes en forme de losanges. (Ex. 2)

Exemple 2

Exemple 2

En combinant ces deux portées, on peut à présent noter clairement chaque possibilité technique. On peut en outre utiliser des petites notes de repère afin de signaler une hauteur déterminée aux endroits voulus. On peut facilement intégrer des instructions complémentaires à ce système de base. En règle générale, il faudra veiller à inscrire tout ce qui concerne les lèvres et la respiration sur la portée B et tout ce qui détermine les mouvements sur la portée A. Cela signifie expressément que ce qui suit appartient à A:

a) vibrato avec coulisse
b) utilisation des barillets (trilles avec barillet)

et ce qui suit appartient à B:

c) vibration avec diaphragme
d) Flatterzung (frullato)
e) trilles avec les lèvres (entre les partiels)
f) effets de souffle
g) chant dans l’instrument (noté par de petites notes de repère)

Il faut dans la mesure du possible éviter d’employer toute autre ligne supplémentaire. Lorsque cela est inévitable, lorsqu’il faut par exemple indiquer l’emploi rythmiquement indépendant d’une sourdine montée sur support (h), on peut facilement introduire une ligne au-dessus ou au-dessous des portées principales.

Le dernier exemple (deux mesures extraites de mon oeuvre intitulée «Cercar» (1983) pour trombone solo), montre que le système de notation que je suggère ici offre une présentation compréhensible même dans les cas très complexes.² (Les petites lettres renvoient aux techniques de jeu énumérées ci-dessus. (Ex. 3)

Exemple 3

Exemple 3

Notes

¹ Lorsqu’il est nécessaire d’utiliser les barillets et la coulisse de façon indépendante, le compositeur doit spécifier s’il demande la position Si♭, Fa ou Mi.

² «Cercar» pour trombone, et aussi «Am Ende des Kanons» pour trombone et orgue qui utilise certains matériels identiques, ont été publiés par les Editions Gerig (Cologne). L’extrait ci-dessus est reproduit avec l’autorisation de l’éditeur.

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