BrassBulletin

Magazine international des cuivres

Brass Bulletin 32, IV / 1980 (page 19–41) · 21 min. de lecture
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Trois siècles de cor

Dans l'orchestre de la Cour de Dresde

Partie 2 – Fin

Par Peter Damm

Des musiciens de cour de Dresde à la technique du cor à main de Hampel, virtuoses et répertoire façonnent une transformation décisive du jeu et de l’écriture.
Trois siècles de cor

Histoire du cor dans l'orchestre de la cour de Dresde, la Staatskapelle Dresden d'aujourd'hui²³

Notre orchestre est l'un des plus anciens; en 1548 déjà, Moritz de Saxe en signa l'acte de fondation. Après une évolution mouvementée, la vie musicale à la cour de Dresde connut un grand épanouissement sous le règne de Friedrich August I.

De 1709 à 1719, l'orchestre augmenta son effectif et réorganisa sa structure: il faut souligner dans ce contexte de rénovation les mérites de Jean-Baptiste Volumier (env. 1670-1728), éduqué à la cour française, engagé comme chef d'orchestre à Dresde en 1709. Il alliait la perfection française à la musicalité italienne, qualités qu'il a su passer à l'orchestre, lui conférant par là sa grande renommée. C'est lui qui instaura la fameuse discipline d'orchestre préconisée par Lully.

À part l'orchestre de la cour, il existait à Dresde d'autres ensembles, dont les musiciens venaient à l'occasion renforcer le précédent. Nous ne possédons pas de renseignements sur les musiciens des autres «Banden», seulement quelques noms, tels les frères Czermak cités par H. Fitzpatrick²⁴ (d'après Dlabacz), ou le «Kurprinzl. Waldhornisten» Tobias Butz cité par M. Fürstenau²⁵.

Les «hautboïstes du régiment» de l'infanterie saxonne avaient, au début du XVIIIe siècle déjà, outre 4 hautboïstes et 2 bassonistes, 2 cornistes. Pour les bals ou d'autres festivités on jouait selon la formation suivante: «2 violons, 1 violoncelle, 1 flûte ou 1 hautbois, 2 cors et 2 luths».²⁶

Comme l'écrit Jean-Jacques Rousseau, de l'avènement de Volumier à la fin de la carrière de Johann Adolf Hasse, l'orchestre de la cour de Dresde comptait parmi les ensembles les plus parfaits et les mieux organisés de l'époque²⁷. Dans les registres de l'orchestre, nous trouvons pour la plupart des noms à résonance européenne, dont nombre de musiciens italiens, français et aussi bohémiens, dont Johann Adalbert Fischer, de Breznice/Bohême.

Franz Adam Samm n'est pas, comme on l'a toujours pensé, originaire de Bohême, mais d'Arnstein en Franconie²⁸. Est-ce sous l'instigation du chef d'orchestre Jean-Baptiste Volumier, connaissant bien la magnifique sonorité des nouveaux cors et leur force expressive de par son éducation à la cour française, qu'on engagea ces deux cornistes? Ou serait-ce là plutôt la preuve du véritable intérêt qu'éprouvait pour la musique le jeune prince électeur Friedrich August I (August II, roi de Pologne)?

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