Brass Bulletin 25, I / 1979 (page 56–58) · 4 min. de lecture
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Guide du tubiste dans la musique commerciale de la région de Los Angeles

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Guide du tubiste dans la musique commerciale de la région de Los Angeles

Si l'on veut faire carrière dans la musique commerciale, il faut soigneusement et très bien préparer son coup. Une solide formation de base en tuba, avec un accent tout particulier sur l'émission du son et sur la technique, est absolument nécessaire. Une bonne règle à suivre serait de se préparer à jouer dans un orchestre symphonique. Avec une préparation concrète de ce type, on doit arriver à acquérir les autres aspects qu'implique la musique commerciale. Certains de ces aspects sont entre autres une excellente aptitude à la lecture à vue, un bon sens du rythme et du tempo, une connaissance des styles de jazz et de rock, être capable de jouer de bons solos jazz et rock à la demande, et savoir travailler avec un «Click track» (métronome). L'écoute, la souplesse, le tempo et la lecture à vue sont les clés d'une bonne musique commerciale.

Le type d'instrument qu'on utilise pour travailler commercialement a une grande importance. A mon avis, les critères principaux pour le choix d'un tuba devraient — entre autres — être les suivants: son très centré (plus facile à prendre au micro); réaction rapide et aisée sur tous les registres, intonation malléable. Mon tuba de base (que j'utilise pour la majeure partie de mon travail) est un Mirafone modèle 185-5U en do. Pour les parties très aiguës, j'utilise un tuba Mirafone en fa.

Quelques emplois de type commercial où l'on utilise le tuba: musique de film et de télévision, publicité radiophonique et télévisée, disques, émissions de variétés télévisées en direct. Cependant, les 80 à 85% des emplois de type commercial pour le tuba sont à chercher dans la musique des films destinés à la télévision. Parmi les programmes TV qui ont largement fait usage du tuba en 1977, il y a Baa Baa Black Sheep, Wonder Women, How the West was Won, Hanna-Barbera Cartoons, Charlie's Angels, Chips et Hulk.

Deux longs métrages ont aussi utilisé le tuba comme un des protagonistes principaux de leur histoire. Il s'agit du requin dans «Les dents de la mer» et du vaisseau-mère dans «Rencontre du 3° type». D'autres films ont beaucoup utilisé le tuba, l’année dernière: «L'enfer mécanique», «Cours après moi, chéri», «MacArthur, le général rebelle», «World's Greatest Lover», «Angoisse», «Betsy» et «La semence du démon ou la génération Proteus».

Il y a quelques autres emplois pour le tuba de type commercial dans la région de Los Angeles, comme le travail d'orchestre à Disneyland ou autres parcs d'attraction, mais à la base, les possibilités sont très limitées.

Dans la région de Los Angeles, l'utilisation du tuba dans le domaine commercial a fait des progrès gigantesques ces cinq dernières années. Le mythe du tuba en tant qu'instrument «aux possibilités limitées» est en train de disparaître complètement. Les compositeurs écrivent de plus en plus des partitions difficiles qui exigent d'excellents tubistes pour les exécuter. L'instrument est en train de trouver un usage qui paraissait impossible il y a quelques années.

Toutefois, il reste un gros problème non résolu, et ce problème est une utilisation bien plus fréquente que ça n'est le cas actuellement du tuba dans les orchestres de studio. On utilise encore le tuba plus sur une base occasionnelle que sur une base régulière. Par exemple, sur dix musiques de spectacles télévisés, le tuba n'interviendra environ qu'une fois. Dans la musique de film, la moyenne est un peu meilleure, mais toujours bien en deçà de celle des autres cuivres.

Du fait de cette inconsistance du travail, les occasions offertes aux nouveaux de se mettre en selle ne sont que très, très limitées. Et tant qu'il n'y aura pas plus de travail à faire, l'offre excédera de loin la demande. On espère que la situation s'améliorera ces prochaines années.

En résumé, pour parvenir aux premiers rangs des tubistes de type commercial, il faut être très bien préparé. Il faut absolument avoir un bon sens du rythme et savoir très bien déchiffrer. Un tuba à perce moyenne avec un son centré conviendra le mieux pour les enregistrements. Tous les emplois de type commercial à Los Angeles utilisent le tuba, mais malheureusement, de façon trop limitée. Actuellement, les possibilités de travailler sont rares, mais j'ai l'impression que la situation va s'améliorer dans les années à venir. Continuez à vous préparer et à travailler, on ne sait jamais quand peut se présenter l'occasion d'un emploi.

Tommy Johnson

Tommy Johnson

L'auteur

Tommy Johnson, qui est un enfant de Los Angeles, est certainement le tubiste le plus demandé des studios d'enregistrement de Hollywood. Et il est bien possible que son tuba soit au monde celui qu'on entend le plus, par l'intermédiaire des médias électroniques et des musiques de film.

Depuis que Johnson a fait son apparition dans le monde des studios, on fait un usage un peu plus fréquent du tuba. Mais, ce qui est beaucoup plus important, c'est qu'on a changé la façon de l'utiliser. Les partitions de film et de télévision dans lesquelles M. Johnson a joué un rôle important sont bien trop nombreuses pour être énumérées.

Cet article a été écrit en 1973 pour un numéro spécial de The Instrumentalist, qui présentait le tuba en rapport avec le First National Tuba Symposium qui se tenait à l'University of Indiana à Bloomington, aux USA. Malheureusement, cet article n'a pas pu être publié dans ce numéro. Il a donc été revu et adapté à la situation de 1979, mais il reste essentiellement le même qu'à l'origine.

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