Brass Bulletin 21, I / 1978 (page 13–25) · 18 min. de lecture
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Cesare Bendinelli (1542-1617)

La méthode de trompette

Partie 2 – Fin

Par Edward H. Tarr

La première méthode de trompette redécouverte : Edward H. Tarr montre comment le traité de Bendinelli (1614) renouvelle notre vision de la technique et de l’art d’ensemble.

Cet article est la suite d’une série commencée dans Brass Bulletin n° 17 (1977). Le premier article donnait des informations biographiques sur Bendinelli. Dans cette deuxième partie, il s’agira de Tutta l’Arte della Trombetta (1614) de Bendinelli.

Deuxième partie: La méthode de trompette

Comme nous le savons aujourd'hui, Bendinelli offrit en 1614 à l'Accademia Filarmonica de Vérone, sa ville natale, une trompette faite en 1585 par Anton Schnitzer ainsi qu'un livre intitulé Tutta l’Arte della Trombetta (Tout l’art de la trompette)¹.

On a retrouvé dans les archives de l'Accademia Filarmonica de Vérone une note relative au fait que Bendinelli avait remis la trompette et la méthode avec une lettre — qui, elle, a disparu — pour le comte Agostino Giusti, et que l'on avait demandé à Giusti de remercier le donateur au nom de tous¹². On mit cette donation au rayon de la bibliothèque de l'Accademia Filarmonica, et on l'y laissa dormir pendant quelques siècles.

En 1941³ paraissait le catalogue de la bibliothèque de l'Accademia Filarmonica, dont Giuseppe Turrini avait fait l'inventaire, et où il mentionnait et la trompette et la méthode. Mais les musicologues de la trompette n’en eurent en fait connaissance qu'à partir de 1970. C'est le musicologue Lorenzo Bianconi⁴ qui les redécouvrit en inventoriant toutes les bibliothèques italiennes pour le répertoire bibliographique RISM⁵.

Quand je me rendis en 1970 avec Bianconi au Congrès international de musicologie à Bonn, il me parla de la méthode. Est-ce que je la connaissais ? — Non. Mais dès mon prochain voyage en Italie, je me rendis tout droit à Vérone. J'y trouvai l’aide bienveillante du professeur Enrico Paganuzzi, bibliothécaire en chef de l’Accademia Filarmonica, et c'est ainsi qu'il devint possible de publier une édition en fac-similé, chez Bärenreiter, en 1975.

Depuis lors, la méthode de trompette de Bendinelli a été commentée dans diverses publications⁶, et la dernière sonate qu'elle contient, la Sonata n° 336, a été éditée⁷. Dans la mesure où le lecteur pourra se faire une idée claire de ce qu'est cette méthode en lisant ces publications récentes, j'aimerais, dans cet article, montrer son importance et attirer l'attention sur trois points particuliers : 1. Le tableau de la tessiture de la trompette, au début de la méthode ; 2. Les signaux militaires ; 3. Les sonates à 5 voix.

Jusqu'à présent, on considérait que le Modo per imparare a sonare di tromba (Francfort, 1638) de Girolamo Fantini était la première méthode de trompette⁸. C’est maintenant à l'oeuvre de Bendinelli que revient cette distinction.

Mais il y a aussi d’autres documents de cette époque qui sont importants pour le jeu de la trompette ; par ordre chronologique : 1. Les carnets de deux trompettistes allemands à la cour danoise, Hendrich Lübeck (écrits entre 1596 et 1609 env.) et Magnus Thomsen (écrits en 1598)⁹ ; 2. La Toccata à cinq voix de l’Orfeo (1607) de Claudio Monteverdi¹⁰ ; 3. Certaines indications très utiles dans le 3e livre du Syntagma musicum de Michael Praetorius (Wolfenbüttel, 1619)¹¹ ; 4. Les signaux militaires que nous a transmis Marin Mersenne dans son Harmonie universelle (Paris, 1636-1637)¹².

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