Brass Bulletin 5, II / 1973 (page 93–96) · 2 min. de lecture
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Le trombone en Belgique

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Albert Mertens a écrit ces quelques lignes pour Brass Bulletin peu de temps avant sa mort, survenue tragiquement au début de 1973 dans un accident de la circulation. Il est né le 22 novembre 1940 et se mit au trombone dès l'âge de 8 ans, sous l'impulsion de son père, lui-même tromboniste. Il a fait ses études de musique au Conservatoire royal d'Anvers et devint soliste à la Philharmonie d'Anvers à l'âge de 16 ans déjà. Dès 1958, il débute une carrière internationale, également en duo avec son frère, le trompettiste Théo Mertens. Exerçant tous les genres de musique, de l'ancienne à celle d'avant-garde, il devint connu bien au-delà des frontières belges. Ses expériences multiples firent de lui un professeur recherché. Au moment de sa mort, il était 1er soliste à la Radio et Télévision Belge, professeur au Conservatoire royal de Bruxelles et aux Académies de musique de Merksem et de Halle, et tenait la partie de trombone dans le Quintette de cuivres Théo Mertens.

Albert Mertens
Albert Mertens

L'invention du trombone à 6 pistons par le facteur belge Adolf Sax (1814-1894) aux environs de 1852, connut un grand succès en Belgique, provoquant avec le temps une situation particulière et singulière¹ : le « 6 pistons » devint l'instrument principal dans les conservatoires royaux. Pour la préparation au diplôme - 1er prix, les élèves étaient tenus d'étudier 3 ou 4 années durant, le trombone à 6 pistons, contre environ un an de trombone à coulisse.

Il est facile d'en deviner le résultat : les difficultés techniques étaient quasi injouables sur le trombone à coulisse par simple manque de pratique.

Sous l'impulsion bénéfique de Jules De Haes, alors professeur au Conservatoire royal d'Anvers, le trombone à coulisse reprit finalement sa place prépondérante vers l'année 1930. La mauvaise qualité du son et les imperfections (poids) du modèle de Sax en furent les causes principales.

J'ai eu le privilège de faire mes études après ce changement important et de me perfectionner ainsi avec la technique du trombone à coulisse.

En observant ce qui se fait en jazz avec nos instruments, on se rend à l'évidence que le développement technique, dans le domaine « classique » est encore loin d'être achevé.

C'est en pratiquant tous les genres de musiques, aussi divergents soient-ils, que l'on se rend compte de la nécessité absolue d'allier la technique « relaxe » (souplesse et décontraction) des musiciens de variétés ou de jazz à la formation classique traditionnelle, car il y a encore d'importantes lacunes à combler.

Par la confrontation d'interprétations et de genres différents, nous pouvons résumer que notre but principal doit être d'oublier l'instrument que nous jouons et de tout simplement faire de la musique.

¹ Voir The Trumpet and Trombone (Londres, 1966), par Philip Bate, pages 171 - 173.

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