Brass Bulletin 36, IV / 1981 (page 18–25) · 3 min. de lecture
Tout le contenu est protégé par le droit d’auteur © Brass Bulletin 1981–2026

Jeu et chant simultanés avec les instruments de cuivre

Partie 2

Par Benny Sluchin

Des mécanismes de production aux œuvres contemporaines, le jeu et le chant simultanés s'imposent comme une extension exigeante de la technique des cuivres.
Jeu et chant simultanés avec les instruments de cuivre

3. Production des notes

La méthode de production simultanée d'une note jouée et d'une note chantée n'a rien de mystérieux et peut être brièvement expliquée comme suit. Lorsqu'il souffle, le musicien utilise le même flot d'air pour faire vibrer ses cordes vocales. Pour y parvenir, on commence par l'une des fonctions seule, puis on y ajoute la seconde. On peut faire cela même sans instrument en émettant un bourdonnement.

Une fois que le musicien a expérimenté cette sensation particulière, il doit poursuivre en jouant différents intervalles. Il remarquera qu'il n'est pas nécessaire de modifier la tension des lèvres pour faire varier la hauteur de la note chantée : cela ne dépend que des cordes vocales et non de la note jouée. Le musicien devra s'exercer avec concentration pour maîtriser cette émission et bien distinguer cette indépendance.

Lorsque les deux notes sont produites simultanément, d'autres notes en résultent (cf. § 5) et constituent un son global. Le musicien doit pouvoir produire directement l'intervalle exact et doit donc avoir les deux notes en tête avant de souffler. Les intervalles peu sûrs exigent un gros effort du diaphragme pour soutenir une émission stable.

La technique est efficace pour le cor et le trombone, assez convaincante pour la trompette et très efficace avec le tuba. Cela tient à l'existence d'harmoniques aiguës dans le son et le registre de la voix par rapport à celui de l'instrument. Cela fait que les notes résultantes sont évidentes à l'oreille et que la voix s'intègre à l'instrument. La taille de ce dernier et de son pavillon jouent un rôle important dans l'amplification de la voix.

La tessiture de la voix peut poser de nombreux problèmes. Les compositeurs ne tiennent pas assez compte de la gamme possible (surtout du côté grave) de la voix moyenne et du nombre de femmes jouant d'un instrument de cuivre qui doivent trouver des solutions de remplacement par incapacité à jouer les hauteurs de notes exactes.

À ce stade, il nous faut expliquer pourquoi nous évitons le terme « multiphonique » souvent appliqué à cette technique. La multiphonie (ou sonorités multiples), connue initialement dans le domaine des instruments à vent¹⁸, est constituée purement de sons instrumentaux. C'est-à-dire de sons dont l'origine est la génératrice naturelle du son de l'instrument (mais qui peuvent être impurs selon certaines conventions esthétiques historiques). On peut produire des sonorités multiples sur des instruments de cuivre, mais cela de façon instable bien qu'elles soient semblables du point de vue acoustique. Nous préférons l'expression « jeu et chant simultanés » qui établit clairement cette différence essentielle d'origine des notes. L'expression « doigté double » (« double-stop »), empruntée aux instruments à cordes, est parfois utilisée dans les documentations.

Lire la suite

Accédez à l’intégralité des archives numérisées de Brass Bulletin • CHF 5.– / mois · sans engagement

Partager cet article

Facebook LinkedIn
Loading…