Venglovsky attache une grosse importance au renouvellement et à la diffusion du répertoire pour trombone ; il cherche donc sans cesse, non seulement à assimiler la littérature étrangère, mais encore à trouver de nouveaux matériaux à adapter dans les musiques classiques étrangères, russe et soviétique.
De sa plume sortent les adaptations suivantes pour trombone et piano : E. Grieg, Élégie ; S. Rachmaninov, Élégie ; J.S. Bach, Siciliano ; G.F. Haendel, Gigue ; A. Vivaldi, Concerto pour deux violons et orchestre, première partie ; D. Chostakovitch, Trois préludes, Romance de la musique du film Le Frein, ainsi que des adaptations pour quintette de cuivres : P. Tchaikovsky, Élégie ; D. Chostakovitch, Prélude et fugue, Préludes.
Ce n'est pas par hasard qu'il a effectué des adaptations pour quintette de cuivres : il est déjà depuis plusieurs années membre effectif du quintette auquel collaborent V. Malkow, Ju. Bolchijanov, W. Bujanovsky et V. Galuzin, ensemble qui a déjà fait son entrée dans différentes salles de Leningrad avec des programmes intéressants.
En plus de sa collaboration à ce quintette, Venglovsky dirige un merveilleux quatuor de trombones avec lequel il exerce une importante activité de concert. Le répertoire de ce quatuor comprend des œuvres de Beethoven, Bozza, Dondeyne, Serocki, Tomasi, de Falla, Kladnitzky, Bojarsky, Okunev.
Les trois derniers de ces compositeurs ont créé leurs œuvres spécialement pour ce quatuor dont on peut faire connaissance avec les interprétations magistrales grâce à deux nouveaux disques qui viennent de sortir.
L'admiration que suscite Viktor Venglovsky par ses activités de concert que nous venons de mentionner ne peut qu'augmenter lorsqu'on connaît ses enregistrements à la radio et à la télévision, ainsi que ses disques (déjà au nombre de huit).
Il est impossible de citer tous les compositeurs dont il a interprété les œuvres. Plusieurs compositions ont été spécialement écrites pour ce merveilleux musicien et lui sont dédiées : le Concertino de Uspensky, le Scherzo et Adagio de Okunev, des pièces de V. Bujanovsky, V. Angelov, I. Jeltchevoj, etc.
Outre sa vaste activité d’interprète, Venglovsky offre sa riche expérience à la jeunesse en tant que professeur au Conservatoire de Leningrad.
Il a autant de succès dans le domaine pédagogique qu'en tant qu’interprète. On en voit la preuve dans les résultats de ses élèves dont il a formé un grand nombre depuis un quart de siècle.
Au Théâtre national du Bolchoï, on trouve quatre de ses élèves qui remportent beaucoup de succès : A. Skobeljev, premier prix du concours international de Genève en 1973, A. Morozov, V. Golikov et V. Patchakajev ; au Théâtre Kirov de Leningrad R. Krassner ; au Théâtre de Kiev Ju. Bryndin ; au Théâtre du Bolchoï de Minsk S. Ivanov, etc.
Beaucoup d'élèves de Venglovsky enseignent également et continuent de transmettre la riche expérience de leur maître : ainsi, par exemple, A. Skobeljev qui dirige une classe au Conservatoire de Moscou, l'ex-assistant-stagiaire T. Adamawitchus, qui travaille au Conservatoire d’État de Lituanie, auteur d'articles irréprochables et professeur au Conservatoire d'État d’Odessa.
Le succès de Viktor Venglovsky comme interprète et comme pédagogue est dû au fait qu'il se donne totalement, fanatiquement à son instrument, ce qui stimule ses élèves et ce qui fera que son œuvre, à laquelle il consacre toute son énergie, se développera et portera des fruits.
De personnalité discrète et attentionnée, il est toujours prêt à consentir à toute demande et à aider tout le monde selon ses compétences. Cela se voit dans ses relations internationales multiples et étroites et à l'estime dont il jouit auprès de tous ceux qui ont affaire à lui.
C'est là un portrait grossièrement tracé du professeur Viktor Venglovsky, grand musicien et pédagogue, lauréat du concours international, qui nous donne un exemple de ce qu'est la consécration absolue à l'art.