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Magazine international des cuivres

Brass Bulletin 32, IV / 1980 (page 53–58) · 5 min. de lecture
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Principes de la respiration

Ou comment améliorer le son

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Principes de la respiration

Joël Elias est diplômé en musique de l'Université d'Indiana et de l'École Juilliard. En tant que tromboniste, il a joué régulièrement et en tournées avec le New York Philharmonic et le Metropolitan Opera. Il travaille actuellement à un ouvrage concernant l'art du trombone d'où cet article est extrait.

Pour jouer d’un instrument de cuivre, le musicien doit acquérir des aptitudes techniques, physiques qu’il traduira en sons musicaux uniques. Lorsqu'on analyse ce processus de traduction, on peut envisager ces sons à peu près comme la partie visible d'un iceberg.

À peine sous-jacents aux sons et aux gestes constituant la musique finalement produite, on trouve toutes les pensées et sentiments² que tous les musiciens, à des degrés différents, utilisent pour soutenir et donner de l’élan aux aspects physiques du jeu. En examinant ces pensées et ces sentiments, le joueur de cuivre entame un processus de formalisation de concepts qui aboutira à une méthode de jeu cohérente et sûre.

Pour un joueur de cuivre, le succès de toute exécution réside dans le bon usage de l'air. La méthode de respiration suivante l'encourage à se familiariser davantage avec les sensations de tension et de relaxation à l’intérieur de son corps. Cela l'aidera à améliorer sa sonorité, ce qui est peut-être le seul élément essentiel du jeu.

Pour commencer à prendre davantage conscience des sensations de tension et de détente, allongez-vous par terre sur le dos, les bras posés le long du corps, les paumes des mains vers le bas. Envoyez à chaque doigt de pied un message de contraction, puis de relaxation. Continuez ainsi avec les chevilles, les jambes, les fesses et le dos. Alternez ainsi contraction et détente en remontant jusqu'à la tête, puis en descendant par les bras jusqu'aux doigts, puis revenez aux orteils.

Pour vous détendre plus complètement, vous pouvez encore faire ce qui suit pendant que vous êtes encore allongé sur le dos. Pensez à un endroit où vous pouvez vous détendre spontanément, que ce soit au bord de la mer, dans une forêt ou dans une pièce particulière. Fermez les yeux et allez-y, en gardant conscience de la détente complète de l’environnement. Sentez en particulier comme votre souffle est calme et régulier. Si vous ressentez une tension dans la poitrine ou dans la gorge pendant ce temps, essayez de retrouver la respiration calme et régulière que vous associez à ce lieu particulier de détente.

Maintenant, asseyez-vous sur une chaise, les deux pieds posés à plat sur le sol. Penchez-vous vers l'avant et contractez-vous comme si vous aviez des difficultés pendant la selle. Les sensations de tension qui en résultent dans la gorge et la poitrine doivent être évitées lorsqu'on joue. Il vous faut maintenant comprendre de façon plus particulière ce que sont la tension et la détente.

Tenez-vous à présent debout sans votre instrument, les pieds à peu près au même écartement que les épaules, les épaules et les hanches dans le même plan, mais pas rejetées vers l'arrière. Penchez-vous en fait très légèrement vers l’avant au niveau de la taille, de façon à vous sentir bien « stable ».

Placez une main sur votre corps juste au-dessous de la boucle de la ceinture. Inspirez lentement par le ventre de façon à repousser votre main vers l'extérieur. Vous pouvez imaginer votre taille comme un tonneau qui se gonfle. Remplissez le « tonneau » d'air par en bas (juste au-dessous de la taille).

Expirez lentement de façon concentrée et bien orientée en appuyant votre main sur le ventre lentement, mais avec force. Pour expirer, faites d'abord remonter l'air à travers la poitrine comme si c’était un courant d'eau rapide. Puis, lorsque l'air sort de votre corps par vos lèvres, pensez que vous le projetez loin de vous comme si vous vouliez faire vaciller la flamme d'une chandelle à l’autre bout de la pièce. Cette idée de « centrage » de l'air est destinée à le canaliser en un flot puissant et bien dirigé.

Répétez lentement les processus d'inspiration-expiration sans craindre d'en exagérer les mouvements.

Déplacez votre main libre sur les côtés de votre corps et sur votre dos ; sentez la dilatation et la rétraction tout autour de votre taille quand vous inspirez et quand vous expirez. Respirez selon un rythme lent, mais régulier. Placez le bout des doigts sur les clavicules vers la base du cou. En expirant, faites-les se soulever aussi haut que possible. Pensez à cette région comme vous indiquant avec quelle force et quelle régularité vous faites remonter le flot d'air. L'air devrait remonter de façon si constante qu'il vous donne l'impression d'être concentré sur le devant de votre bouche.

Continuez à respirer régulièrement. Posez la main légèrement sur votre gorge.

Elle est détendue et vous y ressentez exactement l'inverse de la sensation que vous aviez lorsque vous vous penchiez vers l'avant, assis sur votre chaise, contractant tout votre corps. Il faut renouveler cette sensation de netteté et d'ouverture quand vous jouez.

Cette façon de respirer est-elle différente de celle que vous aviez ? Quelles sortes de comparaisons faites-vous ?

Lorsque vous commencerez à appliquer cette méthode de respiration dans les exercices suivants, aussi bien que dans votre travail habituel, vous trouverez qu'il vous est plus facile de jouer des phrases et non plus d'articuler seulement des notes isolées. En outre, la qualité de votre son reflétera avec plus d'exactitude le type de son que vous souhaitez produire. C’est vous qui êtes maître de l'instrument et non le contraire.

Exercices d'amélioration du son

1. Jouez ce qui suit sur n'importe quelle note grave qui vous semble confortable à jouer. Pensez à votre respiration et essayez de veiller à ce que les articulations, la longueur des notes et le volume restent partout cohérents. Vous devez tenir chaque note jusqu'à ce que la suivante commence, sauf quand vous reprenez le souffle. Il est conseillé d'exécuter cet exercice sur deux notes par jour seulement.

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Votre son s'est-il amélioré au fur et à mesure que vous répétiez l'exercice ? Lorsque vous répétez l'exercice avec des degrés dynamiques différents, que faites-vous différemment et quelles sensations éprouvez-vous ?

2. Jouez ce qui suit dans un tempo et un volume sonore vous permettant d'aller jusqu'au bout avec un seul souffle. Répétez l'exercice dans toutes les tonalités.

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Pendant que vous vous exercez, gardez présent à l'esprit que vous devez jouer en mesure, « conduire » la mesure, et l'on ne vous accusera pas de jouer « derrière » (après) les autres dans un ensemble. C'est un défaut — peut-être pourtant le moins pardonnable — trop fréquent chez les joueurs de cuivres (surtout chez les basses).

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