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Trois siècles de cor
1680-1980, Essai de réflexion
Par Peter Damm
Il y a 300 ans, commença en Bohème un important développement qui transforma la trompe de chasse primitive en l’un des instruments de musique les plus beaux et les plus expressifs, dont Robert Schumann a pu dire qu’il était « l’âme de l’orchestre ».
C’est un glorieux jubilé que je veux prendre comme objet de ma réflexion sur l’historique du cor, sans prétendre toutefois à un exposé exhaustif.
On ne peut documenter ni l’année ni le jour exacts de l’introduction de la trompe de chasse française en Bohême ; les témoignages écrits varient entre 1680 et 1681. Toujours est-il qu’en 1680 ou 1681, deux chasseurs du comte Sporck revinrent de Versailles en Bohême. À Versailles, ils s’étaient familiarisés avec la nouvelle trompe de chasse et avaient appris l’art d’en sonner.
La Bohême devint la véritable patrie du cor. D’instrument utilitaire, il devint instrument de musique. Des sonneurs bohémiens répandirent leur art dans de nombreux pays européens et s’établirent pour enseigner dans des États voisins.
Comte von Sporck (1662–1738)
(With kind permission of Oxford University Press, England)
Le comte Franz Anton Sporck (1662–1738) est directement lié à ce jubilé. C’est grâce à son intérêt pour la musique et à sa passion pour la chasse que le cor de chasse fit son entrée en Bohême. Fils d’un général de la cavalerie impériale anobli, le comte Sporck put, après la mort de son père, entreprendre un long voyage de formation (1680/1681), lors duquel il visita quelques cours princières européennes. L’une des principales étapes fut sa visite en France. À Versailles il fit connaissance avec la fastueuse cour de Louis XIV. Les représentations théâtrales, la musique de cour et les divertissements de la chasse l’enthousiasmèrent. Il fut surtout profondément impressionné par un nouvel art de sonner la trompe de chasse, au point qu’il se décida à ramener en Bohême de ces nouvelles trompes.
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