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La dynamique dans les années 80
Par Roger Bobo
En 1967 j'ai eu la joie d'être invité à Reykjavik par l’«Icelandic Band Association» pour y donner un cours destiné aux tubistes. Un jour que nous avions congé, mon hôte me proposa une petite excursion en voiture. Après deux heures de trajet, nous arrivâmes dans un petit village très tranquille qui s'appelait Reykholtsdalur. Nous fîmes halte dans une maison appartenant à la famille de mon hôte.
Le maître de maison, un vieux monsieur de 84 ans, n'avait encore jamais rencontré d'étrangers. Il n'avait quitté son village qu'une seule fois, pendant sa jeunesse, pour passer quelques jours dans la capitale, qu’il trouvait excessivement bruyante. (Or, comme le savent bien les personnes qui ont visité l’Islande, Reykjavik est infiniment plus calme que les autres capitales occidentales.) D'une manière générale, ce monsieur avait très peu souffert de la pollution sonore pendant sa longue vie; il n'avait pratiquement pas connu la nécessité de lutter contre des sons autres que les bruits de la nature.
Sa voix était la plus douce qu’il m’ait été donné d’entendre, mais en même temps elle était claire et bien timbrée. Après avoir parlé de ce problème avec bien des collègues, je crois pouvoir affirmer que les musiciens aspirent secrètement à retrouver un environnement sonore aussi pur que celui de ce village islandais, mais le fait est que la pollution sonore ne cesse d’augmenter, n’épargnant presque personne.
En ce qui concerne la musique, au cours des cent dernières années, le niveau dynamique accuse une élévation parallèle à celle du diapason, et la possibilité de jouer plus fort n'a été qu'un cas particulier de l’essor des techniques.
Par suite de la situation économique et de l'explosion démographique, les salles de concert construites durant les deux dernières décennies ont été conçues de manière à pouvoir accueillir un public plus nombreux que par le passé et à assurer des recettes suffisantes eu égard aux frais énormes incombant aux institutions musicales modernes.
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