Cuivres-Sportifs
Par Bengt Belfrage
Bengt Belfrage, cor solo à l’Orchestre royal de Stockholm, professeur de cor à l’École supérieure de musique de Stockholm, cor solo au Berliner Philharmoniker de 1962 à 1964 ainsi que membre du Berliner Philharmonisches Oktett.
Cet article est en premier lieu destiné à mes élèves de cor à l’École supérieure de musique de Stockholm, mais il peut avoir quelque intérêt pour d'autres cornistes ou musiciens de cuivre. J'ai tiré de mon expérience de sportif pratiquant depuis plus de 10 ans la conviction qu'il existe des parallèles indéniables entre un joueur de cuivre et un sportif. Tant le joueur de cuivre que le sportif doivent être en bonne condition physique.
J'ai trouvé mes sources ainsi que certaines citations dans «Conseils et recommandations pour le sport de la jeunesse», écrit par Lennart Jönsson, maître des sports, et dans «Psychologie de la performance», de Willi Railo, enseignant à l’École supérieure des sports à Oslo.
Pouvons-nous, nous les musiciens de cuivre, tirer avantage des expériences faites par le sport et la gymnastique dans le domaine de la planification de nos exercices, de notre entraînement, de notre échauffement, de la prévention des accidents, de la combinaison de l’effort et de la décontraction, de la surcompensation, ainsi que de l’entraînement isométrique ? Ou en d’autres termes : pouvons-nous nous permettre de ne pas utiliser l’expérience et les connaissances scientifiques accumulées par le sport ?
Exercices (entraînement)
L’entraînement pour un musicien de cuivre peut, d’après moi, se comparer à celui qu’exige n’importe quelle branche du sport. Que l’on imagine seulement la performance physique que représente la réalisation d’un contre-ut en fortissimo pour la musculature abdominale, par exemple.
Je comparerais volontiers cette musculature à celle de la jambe d'un coureur ou d'un sauteur, ou à celle du bras d'un lanceur; sans compter qu'un instrumentiste à vent a des exigences extraordinairement élevées par rapport à ses poumons et à son cœur.
Il faut organiser les exercices de façon à ce que les exigences physiques s'accroissent progressivement. Cependant, ce n'est pas à la petite salle d’étude dont nous disposons qu'il faut adapter ces exigences; il faut dès l'abord compter en dimensions de salles de concert, qui sont les conditions dans lesquelles on aura à exercer son métier plus tard, et qui naturellement posent des exigences physiques sensiblement plus élevées.
Un entraînement intense signifie une puissante mise à contribution de différents muscles de notre corps et plus l'effort est grand, plus le corps exige de repos (pauses entre les exercices). Et si l'alternance de l'exercice et du repos est correctement équilibrée, on en arrive à ce que le sport appelle la surcompensation, ce qui veut dire que l'on se retrouve, après la pause, à un niveau supérieur de performance. Si l'on veut obtenir une augmentation des performances, une augmentation corollaire est nécessaire dans les exigences (intensité/qualité).
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