Brass Bulletin 15, III / 1976 (page 55–57) · 3 min. de lecture
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Commentaires: premier congrès international des cuivres Montreux 1976

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Dès mon adolescence, j’ai manifesté une curiosité énorme pour les styles internationaux dans le domaine des instruments de cuivre. Les styles nationaux se sont avérés beaucoup moins prononcés qu’on n’aurait pu le croire pour le cor, la trompette et le trombone, mais pour le tuba, ils se sont révélés presque inexistants. Il y avait, bien heureusement, des différences de style entre tous les instrumentistes que j’ai entendus. Certains jouaient du tuba en fa, d’autres du tuba en do (je n’ai entendu aucun tuba en si♭ grave), mais les différences observées étaient des différences personnelles, et non nationales.

J’ai été très heureux de constater que cette compartimentation des approches instrumentales nationales relevait davantage de mon imagination que de la réalité. Car cette différence personnelle dans l’approche de la musicalité — quel qu’en soit le moyen (instrumental, vocal, compositionnel, etc.) — est précisément là où résident la véritable beauté et l’intérêt. Comme pour le langage — et nombreux sont ceux qui considèrent la musique comme un langage — ce n’est pas la maîtrise qui compte le plus, mais la manière dont nous nous exprimons. Je suis fier de dire que les tubas se sont très bien exprimés à Montreux.

Il y a cependant deux choses que j’espérais entendre et que je n’ai pas entendues. Tout d’abord, j’étais très curieux de découvrir le petit tuba français. Il semble que cet instrument soit aujourd’hui beaucoup moins utilisé en France qu’il ne l’était encore il y a quelques années, remplacé par des instruments plus volumineux, comme ceux couramment utilisés dans le reste de l’Europe et en Amérique. J’aimerais donc formuler un souhait : si nous avons la chance d’assister à un autre Congrès International des Cuivres, ou au prochain Symposium International du Tuba, pourrions-nous avoir un représentant français qui nous présenterait la tradition et l’usage du petit tuba français ?

Nous avons eu le privilège de bénéficier de l’influence pédagogique du professeur Hieronymus Engels, de l’Académie de Musique de Berlin, qui nous a apporté une vision extrêmement riche et une grande expérience du tuba en Allemagne, ainsi que des conceptions orchestrales probablement inégalables. Nous avons toutefois regretté de ne pas entendre nos collègues d’Allemagne de l’Ouest — non seulement pour le tuba, mais aussi pour la trompette et le trombone. L’Allemagne de l’Ouest possède une tradition très forte dans l’école des cuivres, et elle nous a beaucoup manqué. Lors du prochain Congrès International des Cuivres, j’espère vivement qu’il y aura au moins un représentant pour la trompette, le trombone et le tuba. Dans de nombreux pays, par exemple, on ne connaît pas les avantages des trompettes allemandes à cylindres. Or, il est essentiel de les connaître pour avoir une vision complète de l’usage des cuivres aujourd’hui. À nos collègues d’Allemagne de l’Ouest, je dirais : vous nous avez manqué à Montreux. Où et quand que se tienne le prochain Congrès, venez nous aider à en faire un succès encore plus grand.

Le principal problème à Montreux semblait être que la plupart des groupes instrumentaux avaient tendance à rester entre eux. Cela est bien sûr naturel. Mais il devenait alors difficile de choisir entre les différentes conférences : l’École russe du cor avec Vitali Bujanovsky, la psychologie du jeu des cuivres par Vinko Globokar, les éléments fondamentaux de l’interprétation de la musique contemporaine pour soliste avec le trompettiste Thomas Stevens, ou encore le tuba au Japon avec Katsuhiko Kaijima. Il y avait jusqu’à douze sessions par jour (quatre simultanément), auxquelles s’ajoutaient le temps nécessaire pour essayer les instruments des fabricants présents, les nombreuses occasions de jouer en ensemble avec des collègues inconnus jusque-là, et bien sûr le temps indispensable de travail personnel pour nos propres prestations.

Je ne propose pas de solution à ce problème, car il me semble en réalité insoluble — à moins d’organiser un congrès qui durerait un mois, ce qui poserait d’autres difficultés encore plus grandes. Nous devions donc faire plusieurs choix chaque jour. La plupart des musiciens finissaient par rester dans leur propre groupe instrumental. La manière de décider, dans une telle situation, relève entièrement de chaque individu. Je peux seulement dire que je suis convaincu que nous, tubistes — ou tout autre groupe instrumental — avons tout à gagner à nous exposer autant que possible à la plus grande diversité de musiciens.

Je tiens enfin à remercier Harvey Phillips, dont l’énergie exceptionnelle a rendu possible ce Congrès International des Cuivres.

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