Pourquoi faire comme si l'on était Mozart?
La cadence de concerto : exercice de copie ou chance réelle ?
Par Bernhard Krol
Les compositeurs baroques et classiques ont livré leurs concertos instrumentaux « inachevés », c’est-à-dire qu’en certains endroits marqués d’un point d’orgue et d’un trille, ils offraient à l’interprète l’occasion de montrer sa personnalité et sa virtuosité particulières, dans un langage qui lui soit propre. Il semble bien qu’ils n’éprouvaient aucune crainte de voir leurs œuvres mutilées par une pauvre cadence étrangère.
Celui qui, aujourd’hui, joue un concerto classique a besoin d’une cadence appropriée. S’il est aussi doué que ses prédécesseurs, contemporains des Telemann, Tartini, Wagenseil, Rosetti, Albinoni, Haydn et Mozart, il s’en écrit une lui-même, « sur mesure ». Souvent pourtant, cette solution idéale n’est pas réalisable. Ce que l’on a péniblement tenté d’écrire soi-même est jeté au feu ; ce que d’autres instrumentistes ont réalisé ne plaît pas assez (l’une est trop simple, l’autre trop compliquée, etc.). On cherche donc le « Sauveur », celui qui sera en mesure de fabriquer quelque chose de valable. C’est dans cet espoir qu’on s’approchera d’un « vrai » compositeur, ce qui donnera à coup sûr le dialogue suivant :
Le Soliste — J’ai besoin d’une cadence pour le Concerto de Tartini. C’est très urgent, le concert a lieu la semaine prochaine.
Le Compositeur — Je vais voir ce que je peux faire. Puis-je voir la musique ?
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