Brass Bulletin 7, I / 1974 (page 65–74) · 6 min. de lecture
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Musique et musiciens russes avant 1700

En particulier dans le domaine des instruments à vent

Aperçu de la musique et des musiciens en Russie avant 1700, explorant les traditions anciennes, les influences et la place des cuivres.

Le chanteur et poète souabe Christian F. D. Schubart († 1791) écrit dans son livre «Ideen zu einer Aesthetik der Tonkunst» (Réflexions sur une esthétique de l'art musical): «La musique nationale russe a, comme on peut se l'imaginer, un caractère rude et sauvage... On devine aisément ce qu'une pareille musique, chantée par des Cosaques, peut produire comme effet horrible. Il est incompréhensible que les filles russes puissent y trouver de la beauté.»

Il semble bien que Schubart ait plutôt fait preuve de beaucoup d'imagination, mais il faut dire à sa décharge que les populations germaniques étaient très peu informées de ce qui se passait musicalement en Russie. Voyons quelles étaient les possibilités de contacts musicaux à l'époque de Senfl, d'Orlando di Lasso ou de Buxtehude:

  1. Rencontre entre musiciens
  2. Musiques notées
  3. Récits de voyages
  4. Illustrations

1. Les musiciens ambulants de la fin du Moyen Âge étaient les principaux agents de diffusion de la musique non écrite. Ils allaient chanter et danser d'un pays à l'autre, échangeant mélodies et instruments au gré de leurs voyages. Au XIVe siècle, dans le sillage des Croisés, certains troubadours s'avancèrent jusqu'à la Baltique, introduisant, par exemple, les trompettes, les fifres et les tambours à Reval, alors qu'à Wilna on introduisit le «clavichordium» pour faire de la musique de cour. Mais c'était là la limite géographique de cette «invasion». En effet, la Cour de Moscou, régentée par les popes, repoussait énergiquement ces manifestations «frivoles», interdisant même de faire de la musique et rejetant la présence de musiciens (créatures diaboliques!). Il fallut un Anglais, l'ambassadeur de la reine Elisabeth Ire d'Angleterre, pour mettre fin à cette situation. En 1586, il offrit des «organs and virginals» à la tsarine Irina qui en fut ravie. Voici ce qu'écrit le chroniqueur de Moscou à ce sujet: «... never seeing nor hearing the like before, wondered and delighted at the loud and musical sound thereof. Thousands of people resorted and stayed about the palace to hear the same.» («... n'ayant jamais vu ni entendu pareils instruments, on s'étonna et admira beaucoup leur puissance et leur sonorité musicale. Des milliers de gens envahirent les alentours du palais afin de les entendre.»)

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