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La Confrérie des ménestrels
Par J. E. Spruit
1. Origine, Apogée, Dissolution
« Voici environ 180 ans que la ville de Hammel sur la Weser, en Saxe, fut le témoin, le jour de la Sainte-Madeleine, de l'incarnation du Diable, en la personne d'un joueur de flûte parcourant joyeusement les rues de la cité et entraînant à sa suite petits garçons et petites filles pour les emmener par la porte de la ville vers une montagne lointaine ... »
Ainsi commence l'histoire célèbre du "Joueur de flûte de Hammel », écrite en 1556 par Hiob Fincel.
Le musicien itinérant, surgissant de nulle part et disparaissant comme il était venu, était souvent pris pour une incarnation diabolique par les populations chrétiennes du Moyen Âge. Les braves gens les accusaient souvent d'enjôler d'innocents enfants, de ressusciter des morts et de leur faire danser la "danse macabre». Ces mythes se sont traduits dans l'expression populaire picturale ou dans les récits de cette époque. Il est un fait que les ménestrels n'avaient pas bonne réputation, que ce soit auprès des bourgeois établis ou face à l'Église : "der böse Spielman" (le méchant joueur) était par nature "ein unstet Mensch » (un vagabond), dont la vie et le métier frivoles étaient sévèrement condamnés par les bien-pensants. Ce n'est pas tout à fait à tort que ces joyeux drilles errants étaient soupçonnés d'hérésie, de paganisme et d'immoralité. Les musiciens ambulants n'étaient pas nécessairement excommuniés à cause de leur métier (on ne connaît pas de mesure prévue à cet égard dans le droit canon), et ils n'étaient pas totalement dépourvus de droits, comme on le prétend quelquefois, mais il est évident que les bourgeois et les musiciens établis bénéficiaient de droits et de privilèges plus complets.
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